"#Balancetaford, pas d'investissement à Blanquefort, pas de ventes de véhicules en France", proclamait un manifestant sur une pancarte appelant à un boycott de Ford.

"Ford, sauver tous les emplois c'est possible", affichait la banderole de tête derrière laquelle défilaient côte à côte élus locaux ceints de leur écharpe tricolore et représentants des syndicats du site de production de boîtes de transmission, qui emploie 910 personnes et où était organisée ce 9 mars 2018 une journée usine morte.

Un comité de suivi doit y réunir les pouvoirs publics --notamment le délégué interministériel à la restructuration industrielle Jean-Pierre Floris-- les élus locaux (région, département, Bordeaux-métropole, ville de Blanquefort), les représentants du personnel et ceux de Ford-Europe.

Ford a des comptes à rendre


Salarié de Ford-Blanquefort, l'ancien candidat à la présidentielle et délégué CGT Philippe Poutou estime que "Ford à des comptes à rendre" à l'Etat et à la collectivité, après les millions d'aides publiques qu'il a reçues depuis 2013 en échange de la garantie de maintenir un millier d'emplois pendant cinq ans.

L'accord s'achève fin mai, ce qui selon élus et syndicalistes, n'est pas étranger à l'annonce de Ford Europe, le 27 février, de sa décision de ne plus investir dans son usine girondine.

Non à une reprise "bidon"!


Comme l'intersyndicale, M. Poutou refuse la fatalité d'un retrait du constructeur américain. Il dénonce par avance une reprise « bidon » comme celle bidonnée par Ford avec l'Allemand HZ Holding. Ce dernier avait repris l'usine de Blanquefort entre 2009 et 2011, avant que le constructeur américain ne réintègre finalement le site.

Le 2 mars, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, recevant salariés et élus, avait exprimé "la détermination totale de l'Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l'activité sur ce beau site de Blanquefort".