Porsche Holding Salzburg va opérer une évolution stratégique de ses activités de distribution en France qui se matérialisera par la création, à compter de juillet 2017, de la nouvelle entité Volkswagen Group Retail France (VGRF).

« En 2012, Porsche Holding a repris en Allemagne et en Espagne des affaires en propre du groupe Volkswagen, qui étaient gérées de manière séparée. Tout a alors été orchestré sous une même gestion, ce qui a permis de développer le business et de les faire passer de pertes à profits. Fort de cette expérience, nous nous sommes attaqués, avec la même approche, à l’Italie et à la Suède. Puis maintenant, nous faisons de même avec la France », explique Alain Favey, CEO de Porsche Holding Salzburg, qui a répondu aux questions de L’argus à l’occasion du salon de Genève. Aujourd’hui, la filiale du groupe Volkswagen a la responsabilité de l’ensemble du réseau propre des marques Volkswagen VP/VU, Audi, Seat et Škoda, ainsi que de plusieurs concessions Porsche et Bentley, en Autriche, en Allemagne (avec Volkswagen Group Retail Deutschland), en Espagne (avec Volkswagen Group Retail Spain), dans les PECO, en Italie, en Suède et en France (VGRF).

1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires


La concession Volkswagen de Clermont-Ferrand du groupe PGA.
Volkswagen Group Retail France regroupera donc les 19 points de vente du réseau propre actuel de Volkswagen Group France ainsi que 44 concessions de PGA Motors représentant les marques du groupe allemand. Cette filiale pèsera 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires et devrait représenter volume d’environ 30 000 véhicules neufs vendus par an. Toutefois, 14 concessions représentants les marques du groupe Volkswagen, et composant les plaques de Champagne-Ardenne (ex-Schuler) et de Poitiers, vont rester dans l’escarcelle de PGA Motors, et donc du futur repreneur Emil Frey. « Il ne s’agit pas de mesures transitoires, ces affaires ne seront jamais reprises », informe Alain Favey.

Fort de cette optimisation de son réseau de distribution retail en Europe, Porsche Holding peut légitimement entrevoir de nouvelles synergies. « Les synergies qui seront développées au sein de VGRF résulteront d’un benchmark pur et dur. Nous observons les meilleures pratiques, entre les différents pays, et entre les différentes affaires au sein d’un pays donné. Ces synergies concerneront notamment les systèmes informatiques, le reporting standardisé, etc… Ce que faisait PGA constituait déjà une bonne base pour obtenir de bons résultats mais nous irons au-delà. Quant aux filiales de VGF, celles du Sud étaient rentables, celles de la région parisienne l’étaient moins », indique le dirigeant suisse.

Xavier Deveza sera le directeur général de VGRF


Le lieu du siège n’a pas encore été déterminé, mais il ne sera pas implanté à Poitiers, ni à Roissy. « L’objectif n’est pas de devenir un réseau en propre inféodé au constructeur, et nous ne serons pas un prolongement de l’importateur. Les services centraux comprendront à termes une vingtaine de personnes dont une partie viendra de PGA et une autre qui sera recrutée. Le directeur général de VGRF sera Xavier Deveza, qui était directeur général adjoint chez PGA, chapeautant les affaires des marques du groupe Volkswagen », précise Alain Favey.

Pas de lien avec le Dieselgate


Par ailleurs, si la revente de PGA peut logiquement être imputée au dieselgate, Alain Favey dément tout lien entre ces deux évènements. « L’affaire Volkswagen n’a pas précipité la cession de PGA. C’est le fruit d’une stratégie mise en place à partir de 2011 quand le groupe Volkswagen a pris le contrôle de Porsche Holding. D’ailleurs, à l’échelle du groupe Volkswagen, cette opération de quelques centaines de millions d’euros ne représente pas grand-chose. Lorsque le groupe Volkswagen a racheté Porsche Holding, c’était pour en tirer un avantage. Il avait, de fait, avec PGA, un réseau en propre, dont il pouvait tirer meilleur parti », explique le dirigeant.


Emil Frey ne commente pas mais admet une complémentarité



A l’échelle du groupe Emil Frey, cette opération est loin d’être neutre. Aux 14 concessions du groupe Volkswagen qu’il va conserver, PGA Motors dispose en plus en France de 193 points de vente d’autres marques, ainsi que l’ensemble des concessions PGA en Belgique (6 sites), en Pologne (12) et aux Pays-Bas (50). Contacté, le groupe suisse Emil Frey n’a pas souhaité commenter la reprise de PGA Group SAS. Il indique cependant que « les activités de ce groupe complètent celles du groupe Emil Frey et qu'elles s'intègrent parfaitement dans le commerce de détail de l'entreprise ». Troisième groupe de distribution automobile en 2015 en Europe, Emil Frey passerait ainsi devant Penske et Pendragon.