Alexis Frerejean n’est pas à son premier coup d’essai. Mais avec la création de sa troisième start-up, le fondateur de Vroomly entend bien s’installer dans le paysage de l'entretien automobile en France. D’une part, car il a de nombreuses idées derrière la tête et d’autre part, car il vient de réaliser une seconde levée de fonds de 2 millions d’euros auprès de l’incubateur de start-up, Via ID. Nous avions communiqué sur les études menées par ce comparateur de garages lors de sa création en 2017 (à lire Le coût d'entretien des voitures les plus vendues selon Vroomly ou Révision automobile : le prix moyen estimé à 193 euros) mais Alexis Frerejean a souhaité nous expliquer ce qui se cache réellement derrière ces statistiques et nous dévoiler ses ambitions d’ici à 2019.

Quelle est l’origine de la conception du comparateur de garages ?

Par le biais de recherches et d’études de marché et parmi tous les résultats, nous nous sommes aperçus que le syndrome du médecin traitant se retrouvait un peu dans l’automobile dans le sens où les enfants avaient tendance à entretenir leur véhicule chez le garagiste de leurs parents, qu’ils n’allaient pas voir ailleurs par manque de confiance. La deuxième chose est que malgré les préjugés qu’on peut tous avoir, la majorité des garagistes sont de vrais professionnels, travaillant au juste prix et privilégiant la qualité. Nous souhaitions donc (re)transmettre les bonnes informations aux automobilistes et établir ce qui serait le juste prix pour une prestation de qualité.

Comment avez-vous procédé pour mettre en place Vroomly ?

Nous avons créé un algorithme et avons travaillé sur cinq années de factures, de 18 interventions de l’entretien courant, provenant de 700 garages, ce qui représente environ 22 millions de prestations en France. A partir de ces données, nous pouvions donc proposer aux automobilistes une soixantaine de devis exacts avec un quintette prioritaire d’ateliers répondant aux meilleurs critères comme la proximité, le prix, etc. Le but est d'afficher un devis à l'euro près, de tous les garages certifiés autour du client.

Vous avez commercialisé une nouvelle offre début 2018, quelle est-elle ?

Charte Vroomly
Nous avons lancé la certification Vroomly par le biais de notre charte Garagistes de confiance (voir photo). Ce document s’appuie sur quatre piliers : facturer au juste prix, créer une relation de confiance, faciliter la vie des clients et réaliser un travail de qualité. Les garages qui répondent au mieux à l’ensemble de tous les critères et, s’ils ont des avis clients satisfaisants, peuvent être certifiés Vroomly. A savoir que nous appelons les garagistes chaque semaine et les clients après chaque prestation pour définir ces avis. Pour avoir une idée, sur 100 000 visiteurs uniques par mois (+10% toutes les semaines), 8% des utilisateurs choisissent un garage via la plateforme. Nous explosons les objectifs.

Et votre business model ?

Il faut comprendre que c’est entièrement gratuit pour les automobilistes. Nous demandons aux garagistes, qui je rappelle, remplissent nos critères de sélection, une cotisation mensuelle de 89 euros, sans engagement et nous ne prenons aucune commission. Notre rôle s’apparente un peu au métier de secrétaire virtuel des garagistes car nous nous occupons de toutes les démarches administratives en amont. Le professionnel répare la voiture, facture les services et c’est tout. Nous sommes ce petit bonus dans son trafic atelier qui lui facilite la vie et nous aimerions bien lui garantir 100% de sa clientèle potentielle Vroomly !

Vous êtes donc un apporteur d’affaires ?

Certains diront que oui, mais pas seulement. Ce ne sont pas des leads que nous apportons mais bien des rendez-vous réels en atelier.

Quel est votre cœur de cible ?

Nous souhaitons capter les franchisés d’enseignes de centres-autos et des garagistes indépendants. Concernant les groupes, nous pouvons signer quelques accords commerciaux avec plusieurs garages mais jamais avec la totalité d’une enseigne. Nous choisissons à la main car nous prônons la transparence et l'impartialité

Comment recrutez-vous et quels sont vos objectifs ?

Il y a des demandes naturelles car nous commençons à être visible mais nous comptons également sur deux commerciaux pour aller chercher des partenaires (sur une dizaine d’employés). Et nous sommes en train de développer l’algorithme de prix pour le pneumatique, le vitrage, la carrosserie et le balai d’essuie-glace. Mais nous n’irons jamais sur la mécanique lourde. En somme, nous allons devoir bien travailler car nous avons pour objectif de conquérir 10 à 15% du marché, soit atteindre 4000 à 8000 garages membres d’ici à 2019. Nous estimerons alors avoir atteint un maillage idéal. Nous réfléchissons également à se développer dans un premier pays européen limitrophe. Je n’en dirai pas plus.

En quoi vous rêvez-vous ?

Nous voulons simplifier la vie des automobilistes et des professionnels et faire renaître la confiance les uns envers les autres. Nous aimerions devenir cet ami prescripteur qu’on appelle à l’aide quand on a un souci.