Les présentations ont été faites il y a un an et il faut croire que le feeling est bien passé.

Depuis le 25 septembre 2017, Alliance Automotive Group, spécialiste de la pièce de rechange et de la réparation, a débuté une nouvelle aventure sur les pas de son acquéreur, l'américain Genuine Parts Company.

Jean-Jacques Lafont, PDG d'AAG, et Thomas C.Gallagher, président du conseil d'administration de Genuine Parts Company, ont naturellement profité d'Equip Auto pour revenir sur ce rapprochement stratégique majeur sur ce marché et exposer leur stratégie.

Pour Alliance Automotive Group, qui était détenu par ses confondateurs et le fonds d'investissement Blackstone, ce rachat répond à plusieurs enjeux : continuer de se développer "avec un actionnaire stable et industriel" à l'envergure internationale et aux moyens considérables.

"Être associé au numéro 1 mondial ne représente que des avantages pour relever les défis qui sont aujourd'hui mondiaux. La taille n'est plus une option mais une obligation, soulève Jean-Jacques Lafont. De plus, nos adhérents font bénéficier de conditions d'achat et de travail plus compétitives".


Un CA de 17Mds de dollars avec cette acquisition


Implanté en Amérique du Nord, au Mexique et en Australie, et présent sur 4 métiers de négoce (pièces VL et PL, composants industriels, consommables de bureau et électriques), Genuine Parts Compagny a généré un chiffre d'affaires de 15,3 milliards de dollars en 2016. L'activité pièces VL et PL pèse 52 % de son chiffre d'affaires.

Inévitablement, avec un tel actionnaire, Alliance Automotive Group va poursuivre voire  accélérer sa croissance en Europe, dont le rythme est déjà particulièrement soutenu depuis deux ans.

"La stratégie d'acquisition est dans l'ADN du groupe, a d'ailleurs affirmé Jean-Jacques Lafont. Nous avons acquis un vrai savoir-faire dans la capacité à intégrer les entreprises. Aujourd'hui, il n'est pas judicieux de procéder à l'ouverture de nouveaux sites car le marché de la rechange est déjà "sur-distribué". Par conséquent, nous sommes plutôt dans une logique d'acquisition de points de vente existants".


Sur ce point, ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Un pied en Pologne


Le groupe vient notamment de finaliser la prise de contrôle de Groupauto Pologne, qui pèse un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros (2e groupe en Pologne). Au regard de la structure du marché et des moyens dont dispose Genuine Parts Compagny, il y a fort à parier que d'autres opérations devraient se concrétiser dans les prochains mois.

"On entend beaucoup parler de consolidation mais c'est un marché qui reste encore fortement fragmenté, avec des parts de marché de seulement quelques pourcentages dans chaque pays pour les principaux groupes. La concentration dans la rechange automobile n'en est qu'à son début", juge Jean-Jacques Lafont, qui indique scruter "avec intérêt mais sans plus" le dossier du groupe allemand Stalhgruber, 4e opérateur sur ce marché (1,5Md d'euros), qui serait à vendre selon certains médias.

"Nous avons déjà posé un pied en Allemagne, certes modeste, et racheter un tel opérateur coûte très cher. Or, nous avons plutôt pour stratégie d'acquérir des entreprises de tailles raisonnables", précise le dirigeant.

Racheter un leader du marché européen


Genuine Parts Compagny fait donc main basse sur le deuxième acteur de la rechange automobile en Europe (derrière l'américain LKQ), dont le chiffre d'affaires s'élève 2,1 milliards d'euros. 50 % des revenus d'AAG sont réalisés sur le marché français, 37 % au Royaume-Uni, 10 % en Allemagne et 3 % en Pologne. Alliance Automotive Group revendique une couverture de plus de 50 % du marché européen des pièces de rechange.

"Nous ne voulions pas arriver en Europe avec une position de 4e ou 5e acteur",  déclare Thomas C.Gallagher, président du conseil d'administration de Genuine Parts Company. Le groupe américain signe plus exactement son retour sur un marché qu'il  avait déjà investi dans les années 70 (avec la Suisse), avant de quitter l'Europe en 1979.