Après l’abandon de l’Europe avec la vente d’Opel à PSA, General Motors va-t-il également se retirer de Corée où il perd de l'argent ? C’est ce que laisse penser à certains observateurs l’annonce du géant américain de fermer son usine coréenne de Gunsan qui emploie 2 000 des 16 000 salariés de GM dans le pays.

Pour l'heure, le constructeur dément avoir une telle intention. Mais ses récents abandons de l'Europe, de l'Australie, de l'Afrique du Sud et de la Russie, font qu'il a du mal à convaincre.

General Motors a déjà inscrit dans ses comptes d‘une charge de restructuration de 850 millions de dollars (690 millions d‘euros) pour ses activités en Corée.

Le constructeur prendra dans un délai de quelques semaines une décision concernant le reste de ses opérations en Corée du Sud. Des discussions ont été engagées avec les pouvoirs publics et les syndicats sur les moyens de réduire les coûts et de rentabiliser son activité, baptisée GM Korea.

20% des GM étaient fabriquées en Corée


Le groupe américain s’était développé en Corée suite au rachat en 2002 de Daewoo Motors alors en difficulté, qui deviendra GM-Daewoo, puis GM Korea.

La Corée du Sud a été pendant des années une plate-forme d‘exportation à bas coût pour GM, qui y a réalisé jusqu’à près de 20% de sa production totale. Il y fabriquait notamment les petites Chevrolet qu’il exportait en Europe, qui n’étaient que des Daewoo rebadgées.

Des activités coréennes dans le rouge


La hausse du coût du travail, la baisse de la demande pour les berlines, qui constituent l‘essentiel de la production de GM dans ce pays, et les investissements massifs en Chine voisine ont toutefois pénalisé la rentabilité de cette activité sud-coréenne. L’usine de Gunsan a fonctionné à environ 20% de ses capacités en 2017.

Les autres sites du groupe en Corée du Sud ont produit 485 403 véhicules l‘an dernier. La perte nette cumulée en Corée du Sud a atteint 1.900 milliards de wons (1,42 milliard d‘euros) de 2014 à 2016.

Le gouvernement sud-coréen a dit regretter la décision “unilatérale” de GM alors que la banque publique de développement de Corée du Sud a une participation de 17% dans GM Korea.

Le retrait de GM de Coréen s'inscrirait dans la stratégie de recentrage mondial adoptée par le mastodonte qui, depuis 2015, s‘est séparé de ses activités non rentables en Europe (qu‘il a vendues l‘an dernier à PSA), en Australie, en Afrique du Sud et en Russie.