Politiquement, cela passe mal. Le gouvernement n'accepte pas en l'état le plan dévoilé par PSA, a déclaré Arnaud Montebourg, ministre du redressement production. Il s'est dit décidé à examiner le bien fondé des décisions de PSA et a nommé un expert.
 

Arnaud Montebourg a indiqué qu'il recevrait prochainement les syndicats du groupe qui attendent des détails du plan lors des comités d'établissement prévus sur chaque gros site.

Voici quelques unes des premières réactions, plutôt vives.

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT de l'usine d’Aulnay : « Nous CGT, cela fait 12 mois que l'on a sorti le document qui indique la fermeture d'Aulnay. Pendant 12 mois nous avons dit la vérité contre vents et marées, quel crédit accorder alors à Philippe Varin, qui a menti devant la France entière ? (…) Les ventes ne baissent pas, le groupe et les actionnaires se portent bien. Si les ventes ont chuté, c'est pour des raisons politiques, parce que PSA a cessé de vendre sur son deuxième plus gros marché, l’Iran. Il y 10 milliards d'euros dans le coffre ! Et plutôt que de s'en servir, ils préfèrent fermer Aulnay ! Aujourd'hui, nous tous représentons une véritable bombe sociale, et nous n'allons pas nous priver de l'utiliser. »
 

Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, sur le plateau de France 2 : « C’est un évènement tremblement de terre pour l’économie française. (…) Il s’agit pour le gouvernement de faire la lumière ; pourquoi l’année dernière Peugeot a-t-il versé 250 millions d’euros de dividende à ses actionnaires ? (…) Il y a un devoir de Peugeot vis-à-vis de la nation France. Nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui que des plans sociaux soient abusifs. Ils doivent être strictement proportionnés aux difficultés de l’entreprise… »
 
Stéphane Troussel, premier vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis: « Je ne considère pas cette situation comme inéluctable, il s'agit d'une bataille, il faut de toute façon sauvegarder les emplois industriels sur un site qui correspond à la main d'oeuvre locale. Le chômage en Seine-Saint-Denis est de trois points supérieur à la moyenne nationale. »


Philippe Poutou, ex-candidat à la présidentielle pour le NPA et salarié de Ford : « Il ne faut pas considérer que c'est perdu, il faut que la révolte l'emporte sur la résignation (…) tant que ce n'est pas fermé, il faut se battre. Il faut empêcher les capitalistes d'exploiter les gens ! »
 
Face à ces réactions, Philippe Varin, doit se justifier.
 

"Nous avons fait des études approfondies sur tous les scénarios possibles", a assuré Philippe Varin, le président du directoire de PSA, en mettant en avant des pertes de 200 millions d'euros par mois actuellement. Les résultats semestriels de PSA seront connus le 25 juillet.


Philippe Varin a dénoncé le coût du travail en France, dont il réclame une baisse "massive". "Pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail. Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France", a-t-il repété.


De son côté, Frédéric Saint-Geours, directeur des marques Peugeot et Citroën, au micro de France Inter : « Depuis un an, tous les mois, nous dépensons 200 millions d’euros de plus que nous en gagnons. Bien sûr, nous avons une sécurité financière. Mais c’est de l’endettement, des lignes bancaires, pas de l’argent qui dormirait dans les sous-sols de la Grande Armée… »

Des CE sont également prévus à Sochaux, Mulhouse, Rennes et Poissy.


Sur les 8.000 postes à supprimer, PSA espère trouver 6.500 volontaires au départ, via des mesures qui restent à discuter avec les organisations syndicales.


PSA a promis de "revitaliser" le site d'Aulnay grâce à d'autres entreprises qui pourraient venir s'y installer. Le groupe a décidé de ne pas vendre ses terrains (170 hectares).


Rappelons que le groupe prévoit aussi de reclasser 1.500 salariés d'Aulnay sur le site de Poissy (Yvelines), qui va monter en puissance. Mais cela signifie pour les salariés d'accepter de déménager à une cinquantaine de kilomètres d'Aulnay.
 

Des détails sont également attendus sur les réductions d'effectifs "de structure" dans la recherche/développement (1.400 postes), la direction industrielle (1.325), marketing (570) et 284 postes dans les autres directions.