L'heure des comptes a sonné pour la représentativité des fédérations professionnelles. Un nouveau calcul a en effet été instauré lors de la réforme sur la formation professionnelle en 2014. Un volet spécifique de cette réforme prévoyait seules les fédérations professionnelles  réunissant au moins 8 % des entreprises adhérant à un syndicat ou 8 %  des salariés syndiqués pouvaient continuer à négocier les accords de branche et plus généralement les décisions concernant l'organisation du travail dans les entreprises.

Les résultats du recensement ont ainsi été publiés par la direction générale du travail. Premier enseignement : un peu plus de 19 000 entreprises dans la branche des services de l'automobile, qui en comprend 139 600, adhèrent à un syndicat, soit 13,6 %. Mais sur ces 139 600, 81 750 n'emploient aucun salarié et peuvent donc être assimilées à des autoentrepreneurs. La réforme sur la représentativité des organisations syndicales a au moins eu le mérite de faire un décompte précis des entreprises adhérant à un syndicat dans la branche des services de l'automobile. Ainsi, si l'on prend les 57 860 entreprises employant au moins un salariés, on peut en conclure qu'un tiers des entreprises de la branche adhère à une organisation syndicale.

Sur le seul critère des entreprises, seules trois fédérations passaient le cap fatidique des 8% : le CNPA, la FNAA et l'Asav qui a été créé justement à cet effet en rassemblant le syndicat national du contrôle technique automobile (SNCTA), l'union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec), le syndicat des professionnels du pneu (SPP) et la fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et du motocycle (FNCRM).

Mais en 2015, le Medef arrive à introduire un nouveau critère dans ce calcul : celui de la représentativité des salariés de ces entreprises. Ainsi les grandes entreprises, peu nombreuses mais employant l'essentiel des salariés ne seront pas être exclues des négociations.
Sans ce nouveau critère, la FFC ne pouvait pas être jugée comme fédération représentative, comme le montre le tableau communiqué par le Ministère du Travail ci-dessous.
Une interrogation subsiste : le nombre moyen de salariés par entreprise. La FFC en déclare 69 contre 15 en moyenne au CNPA  et surtout 6 à la FNAA alors que la structure des adhérents est similaire !

Audience patronale de la branche des services automobiles
  Nbre entreprises dont avec salariés Nbre salariés Audience entreprise Audience salariés Nbre moyen de salariés/ entreprises
CNPA 13 689 13 358 204 016 71,9% 74,3% 15,3
FNAA 2 767 2 546 15 121 14,5% 5,5% 5,9
Asav 2 003 1 774 18 018 10,5% 6,5 10,2
FFC 576 539 37 433 3,03% 13,6% 69,4
Total 19 035 18 217 274 588      
Source : Ministère du travail

CNPA, FNAA et Asav sont donc nettement qualifiées et le CNPA, en franchissant la barre des 50 % d'entreprises et de salariés, est la seule organisation à pouvoir utiliser un droit de veto pour s'opposer à un texte ou déposer lui-même un texte.

Un arrêté, dont la parution n'est pas prévue avant la rentrée de septembre devra officialisé ces résultats.