Dix-huit mois de présence en France et déjà plus de 15 000 véhicules d’occasion vendus aux professionnels de l’automobile en 2015. Cette année, auto1 les objectifs tablent sur des ventes multipliées entre 3 et 5. Dire que le phénomène Auto1 débarque en France n’est donc qu’un doux euphémisme. Côté business, la start-up surfe sur les faiblesses du marché français, comme de la plupart des pays européens : une absence des professionnels sur une grande partie des transactions de véhicules d'occasion.
Absence en France qui se remarque dans presque 60 % des ventes enregistrées sur un marché de 5,57 millions d’unités en 2015.

Modèle Amazon

Le modèle économique est basé sur des achats réalisés auprès des particuliers par le biais d’internet mais aussi d’agences (une soixantaine aujourd’hui sur le territoire) et leur revente aux professionnels, marchands, concessionnaires...
« Notre objectif est de fluidifier l’achat et la vente des véhicules d’occasion. Le particulier cherche des solutions non professionnelles et le pro manque justement de sourcing. Nous nous proposons d’aller chercher cet approvisionnement, auprès des particuliers, et de ne le proposer qu’aux professionnels de l’automobile », explique Alexandru Marin, co-directeur général d’Auto1 en France. La société qui se présente comme la version BtoB d’Amazon pour l’automobile achète déjà sur le territoire 2 500 véhicules d’occasion par mois et en revend 3 000 par mois. « Un marchand VO a accès à plus de 1 000 VO différents chaque jour », complète Alexandru Marin, « bénéficie d'un accès bien gratuit au site mais aussi d'une assistante commerciale 6 jours / 7.

Start-up allemande

Derrière Auto1 se trouve en fait une entreprise créée en Allemagne en 2012 par deux passionnés d’automobile, qui ont surtout réussi à séduire DST Global, un des fonds d’investissement (russe) qui a notamment supporté la montée de Facebook. 100 millions d’euros ont été levés en 2015. Une nouvelle levée de fonds de près de 500 millions d’euros est en cours cette année.

La force d’Auto1 : être présent dans plus de 20 pays en Europe et donc de bénéficier d’un approvisionnement très varié. Issu à plus 80 % de reprises auprès de particuliers, le sourcing devrait très vite s’enrichir d’achats auprès des professionnels, émanant également des véhicules de reprises.

Seule contrainte : garder un taux de rotation, jugé aujourd’hui excellent (tenu secret), mais « largement » inférieur à un mois. C’est également un point fort de la société qui porte financièrement son stock de véhicules et qui donc surveille comme le lait sur le feu cet item de la rotation. « Notre savoir-faire repose sur un calcul de prix des véhicules par rapport au marché, à notre historique, qui préserve ce taux de rotation », ajoute Benoît Yameundjeu, co-directeur général aux côtés d’Alexandru Marin. Le transport est quant à lui proposé grâce à différents accords signés, notamment avec les spécialistes Gefco ou encore STVA.

La montée en puissance d’Auto1 en France s’accompagne cette année d’un nouveau site internet, prévu dans les prochaines semaines mais aussi d’une application iPhone afin que les professionnels puissent être connectés en permanence au flux de VO disponibles. En parallèle, le réseau d’agences qui gère les achats auprès des particuliers va continuer de s’étoffer pour se rapprocher de la centaine de sites d'ici la fin de l'année.