Après le retournement de situation qui s'est opéré en 2017, la confirmation : la motorisation essence est désormais, de loin, la plus populaire parmi les véhicules neufs vendus en France. Sur le premier trimestre de cette année, les véhicules à essence ont représenté 53,8% des achats, loin devant les diesels (40,6%). Des diesels qui ont chuté de 11,8 points sur le trimestre, tandis que les modèles à essence ont grimpé de 16,8 points...
Un raz-de-marée au sans-plomb qui a tout de même laissé une petite place aux énergies alternatives : avec +11,8% d'immatriculations, les hybrides commencent à compter dans le paysage, en s'arrogeant 4,1% de parts de marché. Déception en revanche sur les véhicules dits propres : les immatriculations de véhicules électriques ont patiné (7660
Renault Zoe
ventes sur le trimestre), avec une stagnation de +0,2% des immatriculations et une part de marché qui ne bouge guère, à 1,4%.

Quelques surprises sont à relever dans presque chaque segment. Sur les polyvalentes (B2), qui constituent le coeur du marché, le diesel a chuté de 5,5 points au premier trimestre. Il représente maintenant 27,1% des achats, alors que les moteurs à essence ont progressé de 6 points (68,2% de pénétration). Curieusement, les hybrides n'ont guère évolué par rapport au premier trimestre 2017 : toujours 2,5% des ventes alors qu'a contrario, la part de marché des électriques est passée de 2,4 à 1,9%. La méforme de l'électrique s'explique essentiellement par une baisse de cadence des ventes de la Renault Zoe : 1158 exemplaires de moins distribués en 2018.

Sur le segment supérieur (M1), le diesel est demeuré majoritaire : 57,8% des ventes, en dépit d'une baisse de parts de 4,3 points. L'essence a réuni 35,9% des achats (+4,1 points), alors que l'hybride a connu une baisse de forme : 5,2% des ventes, contre 5,5% un an auparavant. Un fait qui s'explique en partie par un tassement des volumes de ventes des Toyota Auris et Prius.

L'histoire diffère lorsque l'on s'intéresse aux segments de haut de gamme. Sur le M2, le diesel s'est révélé évidemment en baisse : -9,7 points de parts de marché, mais 72,2% des immatriculations. Surtout, l'hybride a constitué plus de 10% des ventes, 10,6% très précisément contre 6,5% au premier trimestre 2017. Une "explosion" des hybrides qui est due essentiellement à une auto : 1391 Ford Mondeo hybrides vendues cette année contre 14 voilà un an... Le segment supérieur (H1) n'appelle pas de commentaire particulier,
Porsche Panamera 4E-hybrid
avec peu ou prou les mêmes chiffres énergie par énergie.

S'il est en revanche un segment surprenant, il s'agit plutôt du H2. Avec 900 voitures qui en font partie au premier trimestre 2018, il s'agit d'une niche réservée aux véhicules de luxe. Qui sont donc aussi les plus lourds. Or... le diesel est passé de 50,3% à 33,6% de parts de marché sur un an ! Une décroissance qui n'a pas forcément profité à l'essence, ni même à l'électrique, qui a baissé aussi en passant de 12,8% à 10,5% de pénétration. La motorisation qui a eu le vent en poupe chez les engins de luxe est l'hybride : 30,8% des achats de VN contre 3,5% voilà un an. La diffusion de la Porsche Panamera hybride est loin d'être étrangère au phénomène.