Le groupe allemand envisage d'investir 14 millions d'euros pour moderniser une ligne de production sur les deux que compte le site près de Rodez, spécialisé dans les moteurs diesel.

Mais il met une condition : obtenir des salariés un accord de compétitivité avant avril.

C'est ce qu'a indiqué le directeur du site Olivier Pasquesoone.

A la recherche de pistes de diversification pour le site


La direction cherche en outre des pistes de diversification pour de nouvelles activités sur le site, a-t-il précisé.

"Le taux d'équipement en véhicules diesels en France a chuté de 73% en 2012 à 47% fin 2017. Une évolution du marché qui oblige le site à envisager de nouveaux débouchés en plus d'une modernisation de la production actuelle pour pouvoir répondre aux normes Euro 7 qui seront obligatoires dès 2020", a-t-il ajouté.

Un accord de compétitivité pour préserver les emplois


Pour Heiko Carrié, président de Bosch France et Bénélux, les négociations pour obtenir des salariés un accord de compétitivité ont pour but de conserver un "maximum d'emplois".

"Arbeit fürs leben, du travail pour la vie", les 1.600 salariés inquiets de l'usine Bosch de Rodez ont accueilli, ce vendredi 26 janvier 2018, avec ce message dans les deux langues la direction du groupe allemand. Le site aveyronnais spécialisé dans les moteurs diesel semble menacé.

Une délégation du groupe dirigée par Uwe Gakstatter, le responsable de la division Powertrain de Bosch, a d'abord été reçue à la préfecture de région. Elle y a présenté son plan pour l'avenir du site, devant les élus locaux, des représentants de Bercy, les parlementaires de l'Aveyron et la présidente PS du conseil régional, Carole Delga, les représentants des salariés et la direction de l'usine d'Onet-le-Château.

L'Etat mis devant ses responsabilité


Une banderole a été déployée sur le bâtiment: "Bosch Rodez, Hier 2.400 emplois, Aujourd'hui: 1.600 emplois. Demain combien en restera-t-il? Ici, le diesel moderne fait vivre tout un département".

L'intersyndicale de l'usine Bosch de Rodez a mis récemment l’État en garde face au "désastre économique" que représenterait la fermeture de ce site, où entre 300 à 800 emplois sont menacés à court terme, selon elle.

Selon les syndicats, ce sont au total entre 8.500 et 10.000 emplois induits qui pourraient être impactés si le site disparaissait.

Renault passe moins de commandes


L'équipementier allemand doit moderniser ses deux lignes pour pouvoir fabriquer des injecteurs diesel de nouvelle génération, la technologie actuelle devant "disparaître à l'horizon 2020/2021", avait expliqué le responsable syndical SUD.

Selon Lionel Issalys, délégué syndical CFE-CGC, les investissements prévus  pour moderniser le site ont été différés après la décision de Renault qui a décidé en 2017 "de ne pas passer à la norme Euro 7 immédiatement". Or le groupe automobile français absorbe 90% de la production cette usine.

Le concurrence turque


Selon les syndicats, Bosch aurait indiqué, qu'en raison de la baisse des ventes des véhicules diesel, il était en capacité de répondre à la demande avec ses autres sites, notamment son usine en Turquie où d'importantes capacités de production ont été développées.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait annoncé le 19 janvier qu'il allait demander au PDG de l'équipementier "un nouvel investissement" dans l'usine de Rodez, lors du sommet sur l'attractivité organisé par Emmanuel Macron à Versailles.

La "filière diesel" emploie directement 12.000 personnes en France.