Bosch a généré l’an passé un chiffre d’affaires d’environ 78 milliards d’euros, enregistrant une croissance de 6,7 % par rapport à 2016. L’équipementier indique que des « effets de change négatifs, à hauteur d’environ 1,2 milliard d’euros pèsent sur le chiffre d’affaires ». Hors effets de change, la hausse s’élève à 8,3 %.

« Nous avons dépassé nos prévisions de croissance et amélioré encore notre situation financière. Nous avons enregistré en 2017 le chiffre d’affaires le plus important de l’histoire de l’entreprise », a déclaré Volkmar Denner, président du directoire de Robert Bosch lors de la présentation des résultats provisoires, à Ludwigsburg

Le résultat opérationnel du groupe a atteint 5,3 milliards d’euros en 2017, tandis que la marge opérationnelle ajustée a affiché 6,8%.

La division des solutions pour la mobilité (automobile) a cumulé un chiffre d’affaires de 47,4 milliards d’euros, en hausse de 7,8 %. Hors effets de change, sa croissance s ’est établie à 9,2 %. « Cette hausse est due notamment à la forte demande en systèmes d’injection diesel, pour les véhicules utilitaires notamment, en systèmes d’injection essence et en systèmes d’assistance au conducteur et d’info-loisirs », explique le groupe. Les secteurs des techniques industrielles (6,7Mds€), des biens de consommation (18,5Mds€) et des techniques pour les énergies et les bâtiments (5,4Mds€) composent le reste du chiffre d’affaires.

D’ici à 2020, l’entreprise table sur plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire réalisé avec l’industrie 4.0.   

L’électromobilité et le diesel


En 2018, Bosch entamera « la production d’une toute nouvelle batterie de 48 volts destinée aux véhicules hybrides et s’intégrant aisément dans de nouveaux modèles de véhicules. A partir de 2019, le nouveau groupe motopropulseur électrique (e-axle) permettra d’accroître l’autonomie des voitures électriques ».

« Nous mettons un coup d’accélérateur en matière d’électromobilité et avons remporté de nombreux contrats en 2017, dont certains portent sur des milliards d’euros », a expliqué Volkmar Denner. Bosch travaille notamment sur un camion électrique fonctionnant à l’hydrogène dans le cadre d’un projet de développement avec la start-up américaine Nikola Motors. « La pile à hydro gène jouera un rôle important dans le mix d ’entraînement au plus tard à l’horizon 2030. Nous renforçons nos activités de développement et étendons progressivement notre gamme de produits », a indiqué Volkmar Denner. En Chine, Bosch collabore avec le constructeur de moteurs pour véhicules utilitaires Weichai dans le cadre d’un projet pilote financé par l’Etat et portant sur une pile à combustible pour véhicules utilitaires.

Prudence en 2018


Le groupe a profité de la présentation des résultats pour réaffirmer l’importance et le potentiel du moteur à combustion, quelques jours après la menace qui planait sur la pérennité de l’usine de Bosch à Rodez, spécialisée dans la fabrication des injecteurs diesels. « Sans diesel, les objectifs de CO2 ne pourront vraisemblablement pas être atteints en Europe, soulève Volkmar Denner, rappelant que la technologie requise pour rendre les diesels à la fois efficaces et économes en ressources existait déjà. « Nous atteignons déjà les seuils fixés pour 2020 avec nos véhicules d’essai. Nous développons et testons déjà des systèmes qui se situent même largement en dessous de ces seuils ».

En 2018, Bosch table sur une croissance mondiale modérée de 2,5 % en raison d’une « série de risques conjoncturels dus aux évolutions politiques comme les négociations sur le Brexit, une politique extérieure américaine difficile à anticiper ou encore le conflit nord-coréen ». L’équipementier anticipe également un ralentissement de la conjoncture économique, notamment en Chine.