Bosch veut aller vite. La direction de l'entreprise allemande a proposé aux syndicats de l'usine de Rodez de signer avant avril 2018 un accord de compétitivité contre une modernisation du site.

Les syndicats veulent consulter les salariés avant de négocier.

"A l'heure actuelle, rien n'est réuni pour entamer des négociations imposées par la direction", indique l'intersyndicale formée il y a un an et demi (CGT, Sud, CFDT, CFE-CGC).
Les salariés seront préalablement consultés.


Les syndicats déplorent que le plan d'investissement proposé par la direction allemande du groupe confirme que 350 à 450 emplois pourraient disparaître à l’horizon 2020.

Uwe Gackstatter, responsable de la division Powertrain de Bosch, est venu à Rodez rencontrer les représentants des salariés. 

Pas de garantie sur les volumes, ni sur les salaires


La direction du groupe allemand a proposé d'investir "14 millions d'euros" sur le site de Rodez, spécialisé dans les moteurs diesel et premier employeur privé de l'Aveyron, mais à condition d'obtenir des salariés un accord de compétitivité avant avril.

Un investissement qui ne permettrait de moderniser qu'une des deux lignes de production de systèmes d'injection pour moteurs diesel de l'usine.

"Malgré le record de 21 milliards de chiffre d'affaires chez PS (Powertrain Solutions) en 2017, M. Gackstatter veut que l'investissement soit financé uniquement par nous, salariés de Rodez, par une forte réduction du temps de travail et donc des craintes sur nos salaires", souligne l'intersyndicale.

La direction de Bosch "se désengage complètement de ses responsabilités envers l'avenir du site et de ses emplois" en ne garantissant ni "des volumes" de production ni "sur le maintien de l'emploi", estiment les représentants des salariés.

1 600 salariés sont aujourd’hui employés dans l'usine Bosch d'Onet-le-Château, près de Rodez, spécialisée dans la production de bougies et de systèmes d'injection pour moteurs diesel avec comme client principal le constructeur français Renault.

Or les deux lignes de production d'injecteurs doivent être modernisées avant 2019 pour satisfaire à la nouvelle norme Euro 7 qui deviendra obligatoire en 2020.

Selon les syndicats, ce sont au total entre 8.500 et 10.000 emplois induits qui pourraient être impactés si le site disparaissait.