L'industrie automobile européenne sera-t-elle la grande victime du Brexit ? Son organisation, l’ACEA, tire la sonnette d’alarme. Elle a mis en garde les Pouvoirs publics contre les effets désastreux que pourrait avoir le divorce d’avec le Royaume-Uni sur ce secteur qui emploie près de 12,2 millions de personnes sur le continent.

Cet appel n'est pas une surprise, bien avant que le vote du divorce n'ait lieu, le lobby des constructeurs était déjà monté au créneau pour défendre les intérêts du secteur.

Le 7 avril 2017, deux jours avant un sommet extraordinaire des 27 de l'UE à Bruxelles, destiné à adopter les orientations de négociations de l'Union sur le Brexit, l'ACEA, l’Association des sous-traitants (CLEPA) et l'Association des constructeurs et des vendeurs d'automobiles de Grande-Bretagne (SMMT) ont à nouveau fait part de leurs inquiétudes.

Le marché unique européen a en effet garanti entre le Royaume Uni et les autres pays de l'UE un commerce sans droit de douane des voitures mais aussi des pièces détachées utilisées pour leur assemblage.

Un commerce sans droit de douane


"Actuellement, les industries automobiles de l'UE et du Royaume Uni sont étroitement intégrées (...) Tout changement dans ce niveau d'intégration aura très certainement un impact négatifs sur les fabricants dans l'UE et en Grande-Bretagne", a prévenu Erik Jonnaert, secrétaire général de l'ACEA.


"L'objectif doit vraiment être de limiter l'impact du Brexit (...) Ne pas avoir de droit de douane est un point de départ évident", a martelé Sigrid de Vries, secrétaire générale du CLPEA.

"Si des droits de douane étaient imposés, il faudrait d'une façon ou d'une autre contrebalancer ces coûts et cela aurait un impact sur les sous-traitants, les fabricants, mais aussi les clients, car les prix des voitures augmenteront et cela affectera la demande, la profitabilité et aura un effet sur l'emploi", a poursuivi Mme de Vries.

La moitié des voitures fabriquées Outre-Manche sont vendues sur le Continent


Mike Hawes, directeur général de SMMT, a souligné la perte que pourrait représenter pour le secteur le départ de personnel non britannique du fait de conditions de séjour plus difficiles après le Brexit.

Plus de la moitié des voitures et 90% des camionnettes fabriquées en Grande-Bretagne l'an passé ont été achetées par des clients en Europe. Inversement, sept automobiles sur dix vendues au Royaume Uni proviennent de l'UE.