Très attendu, le plan « Push to pass » du groupe PSA a été dévoilé ce 5 avril par Carlos Tavares, d’abord par un communiqué, puis par une conférence de presse. Le constructeur y annonce une "offensive produit et technologique mondiale" passant notamment par le lancement de quatre voitures électriques et sept hybrides (essence-électricité) rechargeables d'ici à 2021, ainsi que d'un pick-up. Le nom "Push to pass" fait référence au surcroît de puissance utilisé en compétition pour doubler.

A la recherche d'un partenaire en Inde
Au total, 34 nouveaux véhicules PSA seront commercialisés dans les cinq ans à venir dans le monde, 26 véhicules particuliers et 8 utilitaires. Le groupe évoque "un nouveau véhicule, par région, par marque, par an".

"Sur la base de fondamentaux retrouvés, nous allons engager une offensive produit et technologique mondiale, a déclaré Carlos Tavares. A présent plus agiles, nous sommes prêts à changer de paradigme en anticipant les mutations des usages de l'automobile. Notre transformation digitale fera du groupe PSA une entreprise connectée à ses clients. Avec Push to Pass, nous assurerons la croissance organique rentable de PSA".


Afin d'élargir son assise géographique, PSA, qui est en train de négocier une implantation industrielle en Algérie après le Maroc, est "à la recherche d'un partenariat pour démarrer en Inde".

C’est ce qu’a confirmé ce 5 avril le directeur financier du groupe Jean-Baptiste de Chatillon, qui répète que PSA veut être industriellement présents en Asie du Sud-Est.

Certains observateurs spéculent sur un partenariat avec le constructeur indien Tata.

Les Etats-Unis dans la ligne de mire
Le groupe automobile veut en outre revenir "très progressivement" aux Etats-Unis, pays dont il est absent depuis un quart de siècle, via des "services de mobilité" plutôt que des ventes de voitures.

"Il n'est bien sûr pas question d'investir ce pays de manière classique avec de la production et des véhicules au sens classique, mais nous voulons revenir très progressivement aux Etats-Unis par les services de mobilité" tels que l'autopartage, selon le directeur financier.

PSA investit dans les services, dont l'autopartage

PSA va d'ailleurs consentir quelque 100 millions d'euros à des investissements "ciblés" dans le capital-risque, reflet de sa volonté de devenir un "fournisseur de services de mobilité de référence". PSA va ainsi entrer au capital de société d'autopartage Koolicar, en même temps que la MAIF.

Le groupe aux trois marques (Peugeot, Citroën et DS) dirigé par Carlos Tavares a aussi dit son ambition d'une "marge opérationnelle courante moyenne de 4% pour la division automobile sur la période 2016-2018 et une cible à 6% en 2021".

Un évident besoin d'alliance(s) à terme


En 2015, premier exercice bénéficiaire depuis 2010 avec 1,2 milliard d'euros de résultat net, PSA avait réalisé une marge opérationnelle de 5% pour sa division automobile, dépassant largement son précédent objectif de 2% à horizon 2018.

PSA a vendu 2,97 millions de véhicules l'année dernière, dont un tiers produits en France. Mais il reste en deuxième division au niveau mondial, loin des quelque 10 millions de Toyota, General Motors et Volkswagen.

Pour figurer parmi les grands constructeurs mondiaux, PSA devra assez rapidement trouver un partenaire global pour franchir la taille critique. Maintenant que les comptes sont redressés, c'est une tâche à laquelle s'emploie discrètement Carlos Tavares. Parmi les prétendants figurent l'indien Tata et l'euro-américain FCA (Fiat-Chrysler).

La Bourse déçue

Le monde financier qui attendait vraisemblablement des objectifs financiers plus élevés (le groupe vise 4% alors que sa division automobile avait déjà atteint 5% en 2015) a été déçu. Dès l'annonce du plan, la valeur de PSA en Bourse a décroché de plus de 5%.