Réouverture de certaines préfectures, effectifs multipliés, création de Cert provisoires à la hussarde... rien n'y fait. Les stocks de demandes de cartes grises continuent de croître tant la réforme des préfectures est mal née : "D'après des chiffres récupérés auprès des préfectures voilà dix jours, il y a entre 300 et 350 000 dossiers bloqués" au niveau national, explique le CNPA. Le syndicat professionnel précise toutefois que "depuis, deux Cert ont ouvert", ce qui peut laisser penser que ces renforts sont parvenus à écluser un certain nombre de dossiers d'immatriculation en attente.

Le CNPA ajoute enfin que bon nombre de professionnels de l'automobile "sont dans des situations financières compliquées" avec cette affaire de cartes grises. Une affaire qui dure, et dont l'ampleur se mesure au nombre de questions écrites posées par les parlementaires sur le sujet. Ce sont désormais des pages entières de questions, toutes identiques sur le fond, qui demandent au ministère de l'Intérieur de s'expliquer sur les dysfonctionnements constatés.

Le ministère de l'Intérieur a répondu pour la dernière fois au sujet des cartes grises en souffrance le 27 mars, suite à une question du député Jean-Louis Bricout : "Afin de combler les retards occasionnés par les problèmes informatiques, des mesures provisoires de renfort d'effectifs ont été prises en février 2018 pour permettre aux centres d'expertise et de ressources des cartes grises d'être en capacité de diminuer rapidement le stock de dossiers en attente" est-il ainsi expliqué au député. Par exemple, "le nombre de télé-conseillers est passé de 48 début 2017 à 175 mi-janvier 2018. Etc.
Et que l'élu de l'Aisne ne s'y trompe pas : "Le ministère de l'Intérieur ne mésestime pas, pour les professionnels et les usagers, les conséquences des dysfonctionnements intervenus". Il continue d'ailleurs de chercher "des solutions de contournement pour pallier les situations les plus urgentes", selon sa réponse au député.