Les nouvelles technologies, en particulier celles du véhicule connecté, constituent pour les professionnels de l’après-vente un fort levier de fidélisation de la clientèle. Le marché étant éclaté entre les groupes et les indépendants, les réseaux et les MRA, tous n’ont pas les mêmes problématiques. Certains veulent créer leur propre solution, quand d’autres font confiance à des sociétés tiers.

« Le secteur sait qu’il doit se réinventer. Il travaille à proposer une offre de services qui dépasse les murs de l’atelier », expose Laurent Evain, chef développement et marketing de Xee.

C’est là qu’entrent en jeu ces fameux boîtiers connectés qui envahissent de plus en plus les autos. Quelles sont ces jeunes entreprises qui veulent s’emparer du leadership de l’entretien connecté ? À qui s’adressent-elles et avec quoi ? Le marché est naissant et la bataille n’a pas encore vraiment commencé.

« Nous nous connaissons tous et il n’y a pas de concurrence féroce entre nous. Le marché a besoin d’éducation et nous le faisons chacun à notre manière », affirme Michaël Fernandez, cofondateur et directeur de Drust.

Oocar, Xee et Drust ont fait leurs premiers pas dans l’après-vente il y a trois ans. Avec leurs boîtiers connectés, ces start-up promettent aux réparateurs davantage de trafic et de fidélisation en inversant les motifs d’entrées en atelier : passer du curatif au préventif. La solution Drust, « peut capter 2,9 occurrences par an, soit des éléments qui provoquent un retour à l’atelier. Le potentiel de la voiture connectée est énorme. Il s’agit d’un vrai levier de croissance », annonce Michaël Fernandez. Tout le monde n’est pas encore réceptif à la venue de ces petites boîtes noires dans les voitures.

« Plus de 40 000 garages existent en France et on constate qu’il y a une vraie volonté de s’ouvrir au changement, de muter et donc d’agir. Mais pour certains, comme les MRA, le bénéfi ce de la voiture connectée est encore éloigné et va être plus long à venir. Nous les visitons, mais l’écoute est encore distraite », souligne Philippe Chassany, fondateur et président d’Oocar.

Maintenance maîtrisée

Pourtant, en un seul branchement sur la prise OBD (A lire Bruxelles maintient le connecteur OBD), tout peut changer. Les boîtiers connectés ont été fabriqués dans le but de « réinventer l’usage de la voiture », comme le dit si bien Xee (140 000 boîtiers vendus en Europe). Ils permettent aux conducteurs de maîtriser la maintenance de leur véhicule et de mieux gérer leur budget auto. Dans le premier cas, on parle de maintenance prédictive. Les données du véhicule sont remontées à un système de services et d’applications où toutes les informations de maintenance sont recensées et envoyées sous forme d’alerte.

« Nous ne remplacerons jamais le garagiste, mais nous sommes le trait d’union entre le réparateur et l’automobiliste, car nous partageons la bonne information au bon moment », affirme Michaël Fernandez (Drust).

À la découverte des messages, le client peut ainsi se rendre chez le professionnel qui lui a vendu ce boîtier dans le cadre d’un forfait ou d’un contrat d’entretien. « Le professionnel markete ainsi une offre selon son univers », complète-t-il. Pour ces start-up, le modèle de business concerne le BtoBtoC. Mais les boîtiers sont également écoulés directement auprès des particuliers, car ils sont de très bons coachs de vie. Leur technologie permet aux conducteurs de réduire leurs factures de carburant ou de mesurer les émissions de CO2 de leur véhicule pour devenir un « superdriver », comme le promet Drust.
Le bouquet de services et d’applications des boîtiers abreuve les utilisateurs de statistiques, de graphiques ou encore de conseils quant à leur expérience de conduite. « Notre métier est riche et nous proposons un package complet qui englobe beaucoup de savoir-faire différents », lance Laurent Evain (Xee).

« L’application est compatible »

Ces entreprises ne vendent pas seulement un boîtier.

« Notre savoir-faire est dans l’applicatif et dans la manière d’intégrer des services dans nos boîtiers. D’ailleurs, nos projets sont davantage tournés vers l’intégration de tiers experts pour offrir un maximum de services en une seule application », admet Philippe Chassany (Oocar).

D’autant que ce dernier acteur propose ses boîtiers en marque blanche. Alors que Xee et Drust ont signé un partenariat avec, respectivement, Midas-Norauto et Flauraud, Oocar est entré dans le réseau AD :

« Nos fabricants nous fournissent le boîtier et notre application est compatible. Nous assurons ainsi un service aux clients de nos clients, nous connaissons leur voiture par coeur et nous leur faisons bénéficier de tout l’écosystème. »

Sans révéler de chiffres, ces start-up estiment avoir agrégé plusieurs millions de kilomètres, grâce à leurs utilisateurs, et avouent que, si la vente aux particuliers n’est pas leur priorité (« c’est une vitrine plus qu’autre chose »), rencontrer les utilisateurs est le meilleur moyen de s’améliorer. Construire ensemble une offre, éviter le trop-plein d’informations et ne garder que l’essentiel : « Nous ne cesserons jamais de travailler à leurs côtés pour rendre les routes plus sûres, plus économiques et les automobilistes, plus heureux dans l’usage de leur voiture. Nous sommes au début de l’histoire », promet Michaël Fernandez. Connecter son véhicule ne serait donc plus une option, mais un véritable savoir-conduire.