Après avoir adapté sa gamme pour l'Europe, Chevrolet quitte le Vieux Continent.

Pousse-toi de là que je m’y mette ! Chevrolet ne sera plus distribué en Europe de l’Ouest et de l’Est à partir de 2016. Mais pour autant, l’Europe reste « une région clé pour GM » a confié Dan Akerson, son PDG. Il compte, par cette décision, étendre l’exposition des marques Opel et Vauxhall dans cette région mais aussi mettre l’accent sur Cadillac. Concernant Chevrolet, le PDG a confié que ce retrait « permettra de concentrer les investissements là où les possibilités de croissance sont les plus élevées. »

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18 milliards de dollars de perte depuis 1999

 Si la marque ne possède pas de site de production en Europe, les voitures étant fabriquées en Corée du Sud, les pertes accumulées par GM sur le sol européen y sont colossales et expliquent en grande partie cette décision.

Depuis 1999, le constructeur a accumulé 18 milliards de dollars de perte sur ce territoire dont une perte d'exploitation (Ebit) de 1,8 milliard de dollars en 2012, après déjà 747 millions de dollars en 2011.

Du côté des ventes, le constat n'est guère plus reluisant. Sur les 6 dernières années, Chevrolet n'a jamais dépassé 1,32 % de part de marché (en 2012), en Europe (sur notre échantillon de 26 pays). Sur cette même période, le constructeur a vendu au maximum 197 306 véhicules (en 2007) quand le marché s'établissait lui à 15 831 114 unités.

Un résultat auquel la France n'échappe pas. Durant les 11 premiers mois de cette année, il s'est écoulé 19 897 Chevrolet dans l'Hexagone dans un marché de 1 614 606 véhicules vendus soit une part de marché de 1,23 %.

Des pièces d’origine pour les 10 prochaines années 

Le constructeur américain, par la voix de son directeur de la communication en Europe, Vijay Iyer, a cependant tenu à rassurer les clients de la marque. 

« Nous assurerons le suivi des véhicules déjà en circulation ainsi que l’entretien de ceux achetés jusqu’à la fin d’année 2015, » tout en garantissant « une disponibilité des pièces d’origine pour un minimum de 10 ans, » nous a-t-il expliqué. 

Côté professionnel, ce retrait concerne environ 1 900 concessionnaires en Europe dont « plus de la moitié possède la double casquette Chevrolet/Opel » détaille Vijay Iyer. Si pour l’instant, « l’objectif est de nous entretenir avec eux (ndlr : les concessionnaires) pour déterminer les prochaines étapes de ce retrait », poursuit-il, cette annonce n’a pas manqué de faire réagir les réseaux et notamment le réseau Français.

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Une charge d’un milliard de dollars dans les comptes de GM

Ce retrait de Chevrolet d’Europe entraînera une charge exceptionnelle dans les comptes de General Motors estimée entre « 700 millions et 1 milliard de dollars » par Stephen J. Grisky, vice-président de General Motors.

Ce chiffre comprend une enveloppe spéciale de 300 millions de dollars hors trésorerie, rattachée aux dépréciations d’actifs mais aussi aux coûts de restructuration des concessionnaires ainsi qu’aux primes de départ qui pourraient être versées.

En outre, GM a annoncé qu’il engagera des coûts de restructuration qui ne seront pas traités comme des charges spéciales, mais auront un impact sur son bénéfice d'exploitation international en 2014.