Insignifiantes. Les ventes de véhicules propres dans l’Empire du Milieu ne se concrétisent pas dans le paysage urbain. Certes, elles se sont envolées de 53% en 2016, à 507.000 unités, grâce aux primes gouvernementales et à des facilités d'immatriculation. Mais elles ne représentent que 1,7% des 28 millions de véhicules vendus au cours de l’année.

Les choses devraient rapidement changer. Selon un projet des autorités chinoises qui sera finalisé d’ici à juin prochain, chaque constructeur aura pour obligation d'accumuler 8% de crédits "véhicules verts" sur le total de ses ventes annuelles. Cette exigence devrait monter à 10% en 2019 puis à 12% d'ici 2020 ou peu après.

Tous les constructeurs s'y préparent. Voilà qui explique la foison d’annonces dans ce sens au salon de Shanghai.

Les offres de VE en préparation


  • Volvo a confirmé qu'il introduirait en 2019 en Chine sa toute première voiture 100% électrique. La marque suédoise travaille à deux projets de véhicules électriques, l'un en synergie avec Geely-Lync & Co et l'autre sur sa plate forme SPA.
  • Ford lancera l'an prochain une berline hybride rechargeable, la Mondeo Energi, et un SUV électrique au cours des cinq prochaines années. D'ici 2025, 70% des modèles de la gamme Ford en Chine seront disponibles avec l'électrification en option.
  • General Motors compte proposer dix véhicules à énergie nouvelle d'ici 2020 et, pour soutenir cette offensive, il a construit à Shanghai une usine de batteries qui a commencé récemment à produire des pré-séries.
  • Renault, pionnier de l’électrique en Europe, n’entend pas manquer le marché du zéro émission en Chine. Le constructeur français a confié à Gérard Detourbet, l'artisan du succès de Dacia et de la Kwid en Inde, l'étude d'un projet low cost électrique pour la Chine. L’objectif est pouvoir lancer ce modèle dans deux ans. Le partenaire chinois de Renault et de Nissan, Dongfeng sera fortement impliqué dans ce projet. Il s’agit de faire des véhicules électriques abordables qui pourront se vendre sans le soutien des aides d’Etat qui ne seront pas éternelles. Les équipes de l’Alliance Renault-Nissan travaillent donc avec leur partenaire Dongfeng à Wuhan et le projet commence à prendre forme, en vue d’une commercialisation fin 2019. Pour réduire les coûts et à gagner en agilité, le projet va s’appuyer sur Dongfeng qui dispose d’une filière d’approvisionnements à très bas coûts dans le pays. Contrairement aux Kadjar et Koleos, le futur véhicule électrique ne sortirait pas de l’usine Renault de Wuhan. Le projet en discussion consisterait à confier la totalité de la production à Dongfeng, sans faire appel à la coentreprise actuelle.
  • Volkswagen a vendu près de 4 millions de véhicules en Chine en 2016, dont seulement quelques centaines de véhicules propres. Pour rattraper son retard, le constructeur allemand entamera l'an prochain la production en Chine d'une voiture électrique en coentreprise avec le chinois JAC. Au total, VW prévoit 13 véhicules supplémentaires à énergie nouvelle d'ici 2020, dans le sillage de la version hybride de sa berline VW Phideon dévoilée à Shanghai. Volkswagen vise 400.000 ventes de véhicules hybrides et électriques d'ici 2020 et 1,5 million d'ici 2025 afin de respecter les futurs quotas.
  • Les constructeurs locaux dominent le marché. Le pionnier du secteur, BYD, a écoulé 96.000 véhicules électriques l'an dernier (+70%). De jeunes start-up chinoise défient Tesla sur le créneau de l'électrique haut de gamme. Parmi elles: Qiantu, dont un modèle sport (95.000 euros) sera commercialisé cette année, Chehejia ou encore Nio (marque NextEV), appuyée par les géants chinois du web Tencent et Lenovo.