La voiture autonome va-t-elle assécher le marché de l'assurance? C'est peu probable, mais elle va contraindre les assureurs à revoir leur modèle économique.

Bourrées de capteurs, capables d'anticiper de multiples risques en circulation et de réagir à la vitesse de l'éclair -soit bien plus rapidement qu'un humain- les voitures autonomes portent la promesse d'une baisse des accidents routiers.

Moitié moins d'accidents


« Avec le développement des véhicules autonomes, les accidents pourraient diminuer de moitié d'ici à 2030", affirme le cabinet Oliver Wyman.


Mais à court terme, la cohabitation de véhicules semi-autonomes ou autonomes avec le reste de la circulation pourrait augmenter le nombre de sinistres. Ces nouvelles technologies vont créer des situations sur la route auxquelles les autres conducteurs ne sont pas habitués, ce qui pourrait générer des nouvelles situations d'accident.

En outre, les voitures autonomes resteront soumises aux aléas de la météo et aux ruptures mécaniques et informatiques.

Les assureurs ne s'attendent pas du tout à une baisse des primes individuelles à court terme, ce pourrait même être l'inverse, avec les risques liés à la cyber-sécurité.

Assurer le véhicule plutôt que le conducteur

"Les assureurs vont petit à petit chercher à assurer le véhicule plutôt que le conducteur, selon François Nédey, directeur technique chez Allianz France. "Or, vous rentrez souvent en relation avec un nouveau client par l'automobile. Cela pose un problème de modèle et de développement de la relation client pour les assureurs."


En parallèle, les particuliers propriétaires de leur véhicule pourraient devenir de moins en moins nombreux, sous l'effet entre autres du renchérissement des coûts et du développement de l'autopartage.

Une concentration du secteur de l'assurance


D'immenses flottes de voitures seraient alors détenues par les constructeurs automobiles eux-mêmes ou des sociétés de location, susceptibles de s'assurer eux-mêmes.

"Le modèle d'assurance va se tourner vers les entreprises plutôt que vers les particuliers", anticipe Arnaud Aymé, de Sia Partners. "Les petits assureurs risquent toutefois de ne pas avoir les moyens de faire des contrats avec de gros constructeurs, on peut donc imaginer qu'il y ait un phénomène de concentration".