A l'occasion du "symposium" de l'Association nationale des experts automobiles (ANEA), ces derniers avaient décidé d'inviter un certain nombre de représentants du secteur du contrôle technique. Il faut dire que la réforme du contrôle, qui deviendra une réalité le 20 mai prochain, suscite bien des questions de toutes parts.

Car selon le président du réseau Sécuritest Laurent Palmier, il est un fait à craindre parmi d'autres : l'explosion du taux de contre-visites, qui "pourrait franchir le cap des 40%" sachant que le taux actuel sur les seuls VP est de 18,5%. Laurent Palmier indique qu'avec la nouvelle nomenclature des défauts, certains soucis qui ne donnent pas lieu à une contre-visite aujourd'hui y donneront lieu demain. D'autre part, Sécuritest affirme avoir procédé à une étude en situation un mois durant avant d'avancer un tel chiffre...
Presque piquée au vif, la cheffe du bureau de l'animation du contrôle technique (ministère de l'Environnement) a tenu à exprimer son désaccord sur la proportion de contre-visites prévues, expliquant que "si les contrôleurs notaient à l'heure actuelle absolument tous les défauts", le taux de contre-visite ne serait pas de 18,5%. Bref, selon Cathy Bieth, les contrôleurs sauront adapter leur sévérité, exactement comme ils le font déjà aujourd'hui...

Deuxième item abordé, la pollution. Le tour de vis règlementaire au contrôle technique interviendra le 1er janvier 2019. Les seuils d'opacité des fumées, pour les diesels, seront sévèrement revus à la baisse. Le président de Sécuristest anticipe 25% de contre-visites dues uniquement à une pollution excessive, à rapporter aux 3% actuels... Le sang de Mme Bieth n'a fait qu'un tour : "Ce n'est pas 25%, pas du tout ! Nous aurons un taux de contre-visites plus élevé, mais on ne peut pas encore tirer de conclusion. Cessons d'affoler" a-t-elle fait savoir, arguant que ces contrôles plus sévères sur les diesels étaient avant tout de nature à démasquer les véhicules "dé-fapés".

L'Etat envisage en outre d'imposer des contrôles d'oxydes d'azote (NOx) sur les diesels à compter du 1er janvier 2022.