Prudente, l'administration. Le rapport de l'OTC, publié quasiment un an jour pour jour après la fin de la phase expérimentale qui a duré 8 mois, met plus en lumière des doutes et des écueils que des enseignements. Surtout lorsqu'il s'agit du fameux contrôle des oxydes d'azote (NOx) : matériel approprié, méthodologie pour tester les véhicules, seuils de référence, tout reste à inventer en matière de mesure des NOx...

L'expérimentation devait, à l'origine, servir aussi à définir des seuils d'acceptabilité pour les émissions d'oxydes d'azote. Mais avec seulement 6,4% des essais réalisés retenus, l'administration consent à avouer que le panel s'est révélé trop faible afin de tirer la moindre conclusion : "Peu ou pas de véhicules de niveau Euro 1 et Euro 6 ont pu être traités. Pour une part importante des véhicules, il n'a pas été possible de les relier à un niveau de norme Euro, cette information ne figurant pas dans le dossier d'homologation" souligne le rapport.

D'autre part, les véhicules qui ont vu leur NOx mesurés sur un banc de charge (la seule méthode qui trouve grâce aux yeux de l'administration) l'ont été à partir d'un protocole américain revu et corrigé par l'équipementier Actia. Or, ces "cycles de roulage (...) ne sont pas équivalents au cycle d'homologation NEDC, ce qui conduit à une difficulté pour définir des seuils d'émissions de NOx sans étude complémentaire spécifique" selon le document mis en ligne par l'OTC. L'organisme explique que les vitesses à atteindre, les régimes moteur ou encore les rapports de boite engagés se doivent d'être normés, sous peine de voir des mesures totalement incohérentes d'un centre à un autre.

Mais outre le protocole de mesure qui reste à écrire, l'OTC note le fait que parvenir à loger un banc de puissance dans tous les centres de contrôle de France relève de la gageure. Car selon l'auteur du rapport, il s'agira de se munir d'un banc 4x4 "qui nécessite une emprise au sol importante, supérieure à 15m2" car les véhicules les plus récents pourraient passer en mode dégradé sur un banc 4x2. Un banc qui pose aussi un problème "de sécurité, du fait des vitesses élevées (plus de 40 km/h) nécessitant un arrimage du véhicule, et par voie de conséquence, impliquant une augmentation significative du temps de contrôle" indique le rapport. De plus, le fait de tester une voiture en mouvement suppose "une production de gaz polluants plus importante en volume", des gaz qu'il s'agira d'évacuer correctement. Enfin, le coût. L'administration note qu'un banc installé vaut environ "50 000 euros, ce qui représente en moyenne, 5 à 10 fois celui des autres matériels utilisés en centre de contrôle technique"...