Les NOx, ce sera pour plus tard ! Selon toute vraisemblance, parvenir à mesurer les oxydes d'azote en deux temps trois mouvements de manière fiable (c'est à dire dans le cadre d'une visite technique périodique) n'est toujours pas chose aisée en France.
Une réunion s'est en effet tenue voilà peu à l'initiative de l'administration du ministère de l'Environnement. Celle-ci visait à présenter le bilan de la phase expérimentale du contrôle technique qui s'est tenue du 1er septembre 2016 au 30 avril dernier. Le ministère aurait ainsi réalisé quelques annonces : les mesures d'opacité sur les diesels vont bel et bien devenir beaucoup plus sévères, et ce dès 2019 à priori.

Selon le groupe SGS (Sécuritest, Auto Sécurité),  "14% des diesels Euro 5 testés ont été envoyés en contre-visite", ce qui représente une forte évolution à la hausse des recalés pour cet item. Les Euro 5 ont été observés à la loupe car leurs valeurs d'opacité sont connues à l'homologation (tout comme les Euro 6, qui ne relèvent pas encore du CT). De ce fait, le contrôle technique de demain devrait se baser sur les valeurs d'opacité chiffrées sur les Euro 5 et 6, et sur une méthode plus sévère pour les véhicules plus anciens. Le contrôleur devra notamment accélérer pour obtenir un gain de 2000 tours à la seconde.

Mais si la phase de test s'est révélée un succès pour l'opacité, il n'en a visiblement pas été de même pour les NOx. La donne était la suivante : plusieurs méthodes étaient essayées afin de voir laquelle serait la plus pertinente en vue d'une généralisation nationale. Deux visions de la chose s'affrontaient. D'un côté les partisans d'une méthode rapide et légère, nécessitant un investissement très limité pour les centres (Capelec, Bosch) et de l'autre, celle des partisans du banc de puissance, qui seule permet une vision claire et précise des NOx émis par un véhicule. L'inconvénient de cette dernière méthode, proposée par l'équipementier Actia, est l'encombrement et le coût d'un banc de puissance.
Contre toute attente, le ministère se serait plutôt prononcé en faveur du banc de puissance. Selon SGS, la méthode légère aurait montré ses limites : incohérences et difficultés d'obtenir une valeur chiffrée sur un véhicule peu émetteur auraient été de la partie.

Conséquence... il est fort probable qu'un banc de puissance orne chaque centre de contrôle technique à moyen terme ! "Il faut encore étudier un cycle approprié, définir des seuils, choisir si l'on utilise des bancs 4x2 ou 4x4, etc" continue SGS, qui ne se révèle pas catastrophé par la potentielle apparition des bancs dans les centres. La mesure des oxydes d'azote dans les centres de CT ne devrait pas intervenir avant 2022, le temps que tous les problèmes scientifiques et pratiques soient résolus.