Le contrôle technique est à la croisée des chemins. Deux évolutions majeures vont secouer le milieu, à savoir la mise en place de la directive européenne (mai 2018) et l'application de la loi de transition énergétique, dont les premiers effets vont se faire sentir au 1er janvier 2019.

Le groupe SGS, leader du contrôle technique en France avec ses réseaux Sécuritest et Autosécurité, a livré quelques chiffres en relation avec l'application de la directive européenne. Aujourd'hui, le taux de contre-visite en VL est d'environ 17%. Avec le durcissement de la visite, ce taux "va doubler, au moins" selon le président de SGS France Eric Sarfati. Parler d'un taux de contre-visite qui grimperait même à 40% les premiers temps ne choque même personne... Comme l'indique SGS en effet, les deux tiers des défauts enverront en contre-visite l'an prochain, tandis qu'à l'heure actuelle, seulement un tiers des défauts sont susceptibles de faire refuser le véhicule. D'autre part, les défauts critiques devraient occasionner environ 3 à 4% de ces contre-visites...

L'explosion probable des contre-visites va aussi supposer que les centres revoient leur manière de travailler. Chez SGS, ce sont environ 40% des affiliés qui ne font pas payer un tel acte. Demain, ils seront donc contraints de demander aux automobilistes de sortir leur porte-monnaie : "Une contre-visite dure 8 à 12 minutes actuellement ; nous allons passer à 20 minutes. Les centres en réalisent environ 2 par jour, ils passeront sans doute à 4. Ce qui va aussi supposer de prendre rendez-vous" détaille Laurent Palmier, le nouveau président du réseau Sécuritest.
La contre-visite va se rallonger et se renchérir car la visite technique périodique initiale sera elle aussi plus longue et plus sévère. De ce fait, les centres risquent de voir leur nombre de véhicules / jour effectués décroître. Faire grimper la facture sera donc indispensable ! SGS parie sur une augmentation de prix de l'ordre de 15 à 20%, sachant que la moyenne des tarifs pratiqués actuellement tournerait autour de 65€.

Un contrôle plus long, plus sévère, plus cher pour l'utilisateur... Autant de nouvelles qui n'arrangent pas forcément les centres, qui vont devoir prendre du temps pour tout expliquer à leurs clients. Or, "40 % des centres sont mono-contrôleurs" rappelle Sébastien Danvel, le directeur général d'Auto Sécurité...