Anxieux, les automobilistes français ? Les centres de contrôle technique sont littéralement submergés depuis le début du mois de mai. Les automobilistes craignent en effet la mise en place de la directive européenne, qui sera effective à compter du dimanche 20 mai. A cette date, le contrôle changera de physionomie pour le contrôleur. Pour le client, l'affaire devrait être un peu plus transparente, si ce n'est au niveau du prix...

Et comme avant chaque réforme, certains se sont précipités pour ne surtout pas avoir à la subir : "L'activité est très soutenue" note Sébastien Danvel, le directeur général du réseau Autosécurité, "aujourd'hui vendredi, la fréquentation est deux fois supérieure à celle d'une journée classique". Les chiffres dévoilés par M. Danvel parlent d'eux-mêmes : +17% de fréquentation au mois de mars, +56% en avril, +58% en mai selon un comptage arrêté au 17..."Rien qu'en avril, cela a représenté 1 167 000 voitures supplémentaires" relève le directeur.

Le président du réseau Autovision, qui est aussi le président de la branche contrôle technique du CNPA, a la chance d'avoir un bureau en surplomb d'un centre de contrôle : "C'est de la folie" confirme Bernard Bourrier lorsqu'on lui parle de fréquentation, "à 7h30 ce matin, il y avait 21 voitures qui attendaient devant l'établissement...qui ouvre à 8h30."

Ce pic de trafic avait été anticipé par les réseaux de contrôle. Sébastien Danvel indique que les heures supplémentaires abondent pour les contrôleurs, tandis que la pause méridienne a tendance à se raccourcir. Pour autant, le carnet de rendez-vous ne serait pas désespérément vide après le 20 mai : à force d'anticiper, certains automobilistes auraient pris la place de ceux qui devaient réellement passer leur contrôle technique périodique !

La sur-fréquentation des centres de contrôle technique en France revêt une saveur particulière lorsque l'on sait qu'en Espagne, la directive européenne encadrant le contrôle technique n'a visiblement pas encore été traduite en droit local : "LesEtats membres devaient transposer ces directives pour le 20 mai 2017. A ce jour, cependant, le Portugal, la Slovénie et l'Espagne ne l'ont pas fait, ou ne l'ont que partiellement fait" fait savoir la Commission européenne dans un communiqué. Et de signaler aux retardataires du contrôle technique qu'ils disposent d'un délai de deux mois avant une éventuelle saisie de la Cour européenne de justice.