Après une interminable attente (même si on le savait déjà tous), le conseil d’administration a jugé bon de reconduire Carlos Ghosn au poste de président-directeur général de Renault (qu’il occupe depuis 2009). Un nouveau et dernier mandat pour l'homme de 63 ans mais à une condition : que ses rémunérations soient baissées de 30%. Ce qu'il a accepté.

Mais avant ce jeudi 15 février 2018, date à laquelle tout devait se jouer, la guerre de succession se serait enclenchée. A quelques jours de cette fameuse assemblée générale cruciale pour désigner le numéro deux de Carlos Ghosn et potentiel dauphin, coup de théâtre chez Renault : plusieurs départs ont été annoncés.

Thierry Desmarest a démissionné de ses fonctions d’administrateur indépendant du conseil d’administration du constructeur automobile français. C’est vendredi 9 février que l’ex-PDG de Total aurait fait savoir son intention d'interrompre son mandat avant son terme théorique en 2020. Selon Reuters, ce départ brutal ferait suite à la découverte d’un conflit d’intérêt.
Au même moment, l’allemand Stefan Mueller, directeur délégué à la performance du groupe, a également annoncé sa démission. Lequel était pressenti au titre de successeur de Carlos Ghosn. « C’était l’un des dauphins présumés les plus motivés, si sa démission est avérée, cela éclaircit le paysage pour la suite », souligne une source proche du dossier.

Ces deux abandons ont au moins laissé le champ libre à plusieurs prétendants comme par exemple Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité de Renault. Celui-ci a rejoint Renault en 2012 après avoir fait ses armes chez Michelin et Faurecia. Thierry Bolloré devient donc directeur général adjoint du groupe au losange, soit numéro deux du groupe

Une bonne surprise pour tout le monde ? L’Etat, actionnaire à 15,01% de Renault, a eu ce qu'il voulait puisqu'il avait fait savoir qu’il resterait "attentif à ce que l’ancrage français perdure".