La situation sociale est bien meilleure qu'en 2012-2013. C'est ainsi que PSA se félicite de la dynamique de co-construction" engagée depuis un an avec les syndicats tout en reconnaissant un "point de crispation" sur la modulation de l'organisation du travail.

Un dialogue social mature et responsable


Un an après la signature d'un accord social triennal (2017-2019) avec cinq syndicats, le dialogue social est "mature, éminemment responsable" et constitue un "véritable levier de performance", s'est félicité Xavier Chéreau, DRH du groupe PSA.

"L'opposition" entre partenaires sociaux a laissé la place "à une véritable dynamique de co-construction", notamment au sein du comité paritaire stratégique où les projets de l'entreprise sont "partagés" dans une "confidentialité totale", a-t-il relevé.


Au-delà des engagements respectés en matière de production (1 million de véhicules par an), d'emploi (170 CDI recrutés depuis janvier, sur le millier attendu d'ici-2019) et d'intéressement (2.000 euros nets minimum pour 2016), le dirigeant s'est attardé sur la "révolution culturelle" permise selon lui par l'accord.

17 000 personnes en télétravail


Il a cité la possibilité pour tout salarié, hors production, d'opter pour le télétravail, jusqu'à trois jours par semaine, ou pour le travail à distance (dans un lieu choisi par le salarié, après accord avec le manager) dans la limite de 25 jours par an. Selon M. Chéreau, ce dispositif qui concerne actuellement 17.000 personnes illustre la "culture de résultat et pas de présence" souhaitée par PSA.

Dans les usines, en revanche, le DRH a reconnu qu'il existait un "point de crispation" autour de la modulation du travail.

Non à la gestion à la dernière minute


Les syndicats signataires de l'accord ont récemment critiqué une "gestion à la dernière minute" conduisant à un "climat social exécrable" (CFTC, CFE-CGC, SIA), un "recours à la flexibilité à outrance" avec des débordements ou des changements d'horaire fréquents (CFDT).

L'entreprise s'est "un peu trop focalisée au début sur la production", bousculée par ses "succès" commerciaux et "quelques difficultés avec les fournisseurs" sur lesquelles la direction n'a pas assez communiqué, a admis M. Chéreau.

Si les "incompréhensions" ont été levées avec les syndicats, selon lui, PSA devra tout de même à l'avenir "anticiper beaucoup mieux" les situations de crise, de façon à avoir "le moins de dysfonctionnements possibles en production".

Tensions avec la CGT


La "surchauffe de l'appareil de production", dénoncée par la CFDT, s'apparente néanmoins a de "bons problèmes" pour la direction.

"Je suis beaucoup plus heureux de travailler sur ces sujets avec les partenaires qu'à l'époque de 2012 ou 2013 où on était dans des problématiques de totale sous-activité", a conclu M. Chéreau.


Notons toutefois des tensions, dans une usine comme celle de Poissy, où la confrontation avec la CGT se révèle parfois assez vive.