Philippe Almouzni, actuel président d’I’Car Systems, et Arié Tolédano, président fondateur de Datafirst, révèlent que le dossier du rapprochement entre leurs deux sociétés a été ouvert il y a un peu plus d’un an. Ils se réjouissent aussi d’avoir été discrets, évitant ainsi les écueils de la rumeur.

Aujourd’hui, sous réserve des dernières validations d’usage, l’affaire est conclue et le nouvel ensemble sera détenu majoritairement par le fonds de capital-investissement Argos Soditic, d’ores et déjà actionnaire majoritaire d’I’Car Systems, au côté du management des deux entreprises.

Leurs motivations sont claires : « Accompagner les changements significatifs qui animent le secteur, mais en étant aux avant-postes et faire fructifier l’effet de taille dont nous allons bénéficier, sous l’angle des moyens financiers et des capacités d’investissement, mais aussi pour la rapidité d’exécution et l’efficacité opérationnelle ». « La concentration s’accélère chez les distributeurs et les constructeurs n’y sont pas étrangers. L’association d’I’Car Systems et de Datafirst constitue une réponse adaptée à cette tendance, car le nouvel ensemble sera l’incontestable leader en France. En outre, cela améliore notre couverture des marchés en Europe, tout en ouvrant des perspectives de développement international. De plus, nous serons dotés d’une capacité d’investissement renforcée pour les technologies, un domaine en ébullition, notamment pour l’IT et la business intelligence », détaillent de concert Philippe Almouzni et Arié Tolédano.

"Big is beautiful" et "cross-fertilization"


Dans un premier temps, ils veulent se montrer rassurants, notamment vis-à-vis de leurs clients, mettant en exergue que chaque société poursuivra ses activités, avec ses produits et ses marques et qu’il n’y aura pas d’à-coups, et moins encore de rupture. Le message est identique pour les collaborateurs (155 salariés chez I’Car Systems et 148 chez Datafirst) : « Le mariage est scellé dans un contexte positif, car les deux entreprises sont en croissance et à tous les niveaux, commercial, économique, etc., rien n’est dégradé. C’est donc plus facile de partager avec les équipes la conviction que l’opération se veut conquérante, constructive et ambitieuse ».

Les perspectives sont positives dans la mesure où ce rapprochement ne se résume pas à une simple addition de ressources et de compétences. « Big is beautiful », certes, mais les deux dirigeants pointent aussi la complémentarité qui existe entre les deux groupes et les opportunités de « cross-fertilization » d’ores et déjà identifiées. 

Philippe Almouzni dirigera le nouvel ensemble


Au niveau du top management, Philippe Almouzni sera selon toute vraisemblance le dirigeant du nouveau groupe : « Je suis animé par une grande ambition, mais surtout par une grande fierté, car ce sont deux très belles entreprises ». Interrogé sur l’articulation qu’il compte donner aux équipes, aux projets et aux sièges sociaux (Saint-Pierre des Corps et Lyon), il ne veut pas aller trop vite en besogne : « Dans un premier temps, les équipes vont apprendre à se connaître et à optimiser leurs valeurs respectives dans le nouvel ensemble. Nous verrons dans une autre phase quelle organisation sera la plus adaptée pour que nous formions un groupe à part entière ».

Les nouveaux projets d'Arié Tolédano


Par ailleurs, une page va se tourner du côté de Datafirst, puisque Jules Arié Tolédano, fondateur du groupe en 1985 et président depuis lors, a décidé de se consacrer à de nouveaux projets : « J’étais déjà très investi dans des projets humanitaires et associatifs et c’est de ce côté-là de mon existence que vous me retrouverez désormais ».

C’est Patrick Prajs qui prendrait la direction générale de Datafirst. Spécialiste du secteur des logiciels et des missions d’acquisition/intégration (Optium, Sumsoft, BlueSoft, Skyrecon, etc.), il est actuellement vice-président exécutif de LogMote.