A l’occasion de son premier CDA de l’exercice 2017, la FEDA a dressé son traditionnel baromètre du secteur, réalisé avec l’institut I+C, établi sur la base des remontées et ressentis des adhérents distributeurs. Globalement, les professionnels interrogés sont plus nombreux à se féliciter de trésoreries plus saines et de délais de paiement mieux contrôlés. Il ressort également que les défaillances d'entreprises tendent à se réduire et les marges mieux orientées, "voire même en très nette amélioration", indique Laurent Frelat de l'Institut I+C.

34 % des professionnels questionnés sur ce début d’année anticipent une activité favorable pour les prochains mois (contre 37 % en janvier 2016). 67 % d’entre eux s’attendent à une hausse des tarifs des fournisseurs sur le premier trimestre 2017, alors qu’ils n’étaient que 58 % l’an passé à anticiper cette orientation à la hausse. Enfin, selon 25 % des distributeurs interrogés, les coûts logistiques ont grimpé sur le dernier trimestre 2016, alors qu’ils ne sont que 9 % à constater une baisse.

Manque de traçabilité sur les livraisons


La logistique de pièces a justement fait l’objet d’un débat, sur le thème de « l’innovation logistique au cœur du service client », réunissant des représentants des principaux groupements (Autodistribution, Alliance Automotive Groupe), des grossistes, un transporteur et des spécialistes de la Supply Chain. Les principaux groupements du marché se sont structurés ces dernières années à travers un ensemble de plateformes nationales, régionales, voire mêmes locales, auxquelles viennent s’ajouter des plateformes nationales spécialisées (PL, carrosserie, équipement de garage…), une organisation à plusieurs étages destinée à renforcer la qualité de service au bénéfice du client.

« Les groupements ne sont plus seulement nos fournisseurs mais des partenaires qui nous accompagnent afin d’améliorer notre efficience, en facilitant les liaisons, en proposant un service de livraisons de nuit par sas », témoigne Nicolas Le Her, directeur général adjoint chez Niort Frères, distributeur en Normandie.

Le "H+4", presque une évidence


Selon Eric Mayou, président de VDSA, distributeur et réparateur Précisium dans le Val d’Oise, les livraisons à « H+4 » sont désormais monnaie courante dans le secteur de la distribution de la pièce. Le dirigeant pointe en revanche du doigt un manque de traçabilité ou de suivi des livraisons, liés à une communication défaillante avec les groupements et les chauffeurs, ou des remontées d’information trop tardives. L’optimisation des stocks et le travail sur les gammes de pièces représentent également un enjeu important afin d’accroître le chiffre d’affaires des entreprises.

Jean-Michel Guarneri, président de l’Association française de la Supply chain et de la logistique, considère que « les professionnels de la distribution de pièces ont compris, aujourd’hui, l’importance stratégique de la fonction Supply Chain dans sa capacité à générer de relation client ainsi que de la performance économique. Mais je trouve qu’elle l’a compris un peu tard par rapport à d’autres secteurs d’activité ».

Le professionnalisme face aux nouveaux concurrents


Enfin, les discussions se sont concentrées sur les mutations de l’environnement concurrentiel, impulsées par les Pure Players Internet (Oscaro) mais également l’arrivée de nouveaux acteurs sur le terrain (Distrigo). « Mais nous ne sommes pas tant gênés que ça sur le terrain par des acteurs comme Oscaro car, nous professionnels, avons les arguments pour contrer cette concurrence qui a des failles, confie Eric Mayou (VDSA). Quant à l’offensive de PSA, certes, on ne peut pas nier qu’il y a eu un petit impact, mais dans les faits ils sont moins réactifs car les zones de livraisons sont très importantes, et le transport est assuré par des chauffeurs qui sont moins impliqués. Finalement, pour nous, le principal problème émane des « jobbers » et de certaines plateformes, telles que ACR et Flauraud, qui livrent directement les garages». La concurrence semble donc se dessiner à plusieurs niveaux.

« Notre Supply Chain est orientée exclusivement vers nos distributeurs et il est hors de question de livrer en direct les garages, car on se tirerait une balle dans le pied », répond sur ce sujet Olivier Vejdovsky, du groupe Alliance Automotive Group.