Nissan serait-il parfois privilégié aux dépens de Renault? C'est ce que suspectent certains actionnaires minoritaires de Renault.

Arguant de problèmes de gouvernance, voire de "conflits d'intérêts" potentiels nés de la complexité de l'alliance entre Renault et Nissan, ils ont réclamé, le 1er juin dernier, une "enquête approfondie" à l'Autorité des marchés financiers (AMF).

A deux semaines de l'assemblée générale de Renault, "CtW Investment Group", représentant des fonds de pension, l'association "Réseau des administrateurs pour l'investissement responsable (RAIR)" et le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest ont demandé dans une lettre à l'AMF de déterminer si l'évolution de l'alliance franco-japonaise ces 15 dernières années "porte aujourd'hui atteinte aux droits des actionnaires de Renault".

Parmi les "points d'inquiétude" soulevés par CtW, le RAIR et Proxinvest, figure "un manque de transparence et d'information concernant la structure de la gouvernance d'entreprise de Renault-Nissan B.V (RNBV), l'entité néerlandaise responsable de la gestion de l'Alliance et disposant de pouvoirs décisionnels stratégiques sur Renault".

Manque de transparence


Ces actionnaires évoquent aussi "les conflits d'intérêts résultant du fait qu'une seule et même personne, Carlos Ghosn, préside Renault SA, Nissan Motor Co. et RNBV. Ils dénoncent l'absence de surveillance indépendante de RNBV au regard des pouvoirs significatifs qu'elle exerce sur Renault".

Pour le directeur général de CtW, Dieter Waizenegger, "une enquête est impérative pour faire respecter les droits des actionnaires de Renault. L'Alliance a élargi ses pouvoirs sur les décisions de Renault dans la plus grande opacité, tandis que Carlos Ghosn a dans le même temps concentré l'essentiel des pouvoirs de décision dans ses mains".


CtW avait déjà été en pointe dans une tentative de limiter l'influence d'Elon Musk, PDG du constructeur américain de voitures électriques Tesla.

Le groupe revendique fédérer des investisseurs détenant 150.000 actions Renault, le RAIR 838.000 (0,28%), tandis que Proxinvest assure influencer "5% à 10% des actions détenues par des institutionnels, soit 10 à 20% des actions votant en assemblée générale des sociétés cotées françaises".