Après un premier semestre qui s’est conclu par une hausse des immatriculations de 3%, le marché automobile français a joliment progressé avec, aux mois d’août et juillet, des scores proches ou supérieurs à 10% (source Dataneo). Au pointage du 15 septembre, la hausse annuelle est de 4,5%. Elle laisse entrevoir un bilan à la fin de l'année avec un marché bien au-delà du seuil des 2 millions qui pourrait bien franchir la barre des 2,1 millions.

Au bilan à mi-septembre, les ventes de démonstration ont certes progressé de 17%, mais c’est bien l’ensemble des canaux de demande qui participent à la croissance. Les immatriculations pour les clients loueurs de courte et de longue durées ont gagné respectivement 3% et 5%. Les ventes aux sociétés affichent un solide 10% de hausse, et si leur poids relatif continue de diminuer à moins de 48% des ventes, les ventes aux ménages avancent elles aussi de 2,5% sur un an. Un signe qui ne trompe pas.  

En dehors des périodes de primes à la casse, le marché ne nous avait plus habitué à de telles performances. Et cette fois, il semble bien que cette santé n’a rien d’artificiel.

Comment expliquer la performance du marché ?

Tout d’abord avec la conjoncture. S’il reste élevé, le taux de chômage a retrouvé son niveau du début 2012. Malgré de légères hausses, les taux d’intérêt et l’inflation restent faibles, le climat des affaires et la confiance des ménages sont au plus haut depuis 2011... Après des années de croissance atone dans un contexte international tendu, l’économie tricolore profite à plein de la reprise européenne et, portée par la consommation, elle devrait progresser de 1,6% cette année.

L’essor de la LOA, est l’autre facteur majeur qui vient expliquer la bonne tenue du marché français. Après des gains de 20 % et 34% en 2015 et 2016, les contrats de LOA aux particuliers gagnent encore 25% depuis le début de l’année. Ils représentent maintenant plus de 30% des ventes aux ménages.
L’adoption massive de cette solution de leasing offre un soutien au marché en facilitant notamment à certaines catégories de population – les jeunes et les catégories de revenus inférieures - un accès facilité aux voitures neuves à travers l’effacement du prix d’achat d’entrée et un étalement régulier des frais d’entretiens. Avec des renouvellements quasi programmés, elle promet également aux marques et aux distributeurs lisibilité et lissage de la volatilité pour la demande future. Enfin, la généralisation prochaine de la LOA aux voitures d’occasion accélèrera la rotation et le rajeunissement des parcs en augmentant les débouchés pour les VO récents.

Des fondamentaux macro-économiques solides et une évolution du commerce consentie par l’offre et la demande fondent le socle de la santé actuelle du marché. La croissance des ventes ne se poursuivra certainement pas jusqu’en 2024, mais d’ici là, en plus d’une belle moisson de médailles, on peut rêver d’un marché enfin stable et sain.