Malgré ses honorables résultats financiers, PSA ne suscite pas l’enthousiasme de ses syndicats, y compris les moins contestataires.

Ainsi, dans une lettre ouverte au DRH Xavier Chéreau, les organisations CFE-CGC, CFTC et GSEA (cumulant 43,5% des voix) disent avoir alerté la direction à plusieurs reprises sur l'état du climat social très dégradé.

Les syndicats regrettent que la recherche de performance sans limite déséquilibre grandement l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle, dans un contexte de "mise en concurrence exacerbée de l'ensemble des établissements" en France et à l'étranger.

"Aucun site, industriel, R&D ou tertiaire, aucune catégorie sociale n'est épargnée", d'après la lettre. "Ce ne sont plus des efforts qui sont demandés aux salariés mais des sacrifices", est-il écrit.


Le risque d'un mouvement social



Les trois syndicats, signataires de l'accord social 2017-2019 et adeptes revendiqués de la "co-construction" chère à PSA, "mettent en garde" la direction sur un potentiel mouvement social, assurant que "les limites sont maintenant dépassées".

Dans un tract commun, ils citent notamment la gestion à la dernière minute occasionnant des à-coups importants dans l'organisation du travail, des départs non remplacés occasionnant des surcharges de travail ou encore un harcèlement pour pousser à l'extérieur les salariés éligibles aux mesures de départ volontaire.

Rendez-vous fin juin


Xavier Chéreau indique avoir prévu de poursuivre le dialogue avec les syndicats lors d'un rendez-vous fixé d'ici la fin du mois de juin. Il promet d'apporter des réponses concrètes à cette occasion.

Selon lui, "les équipes sont mobilisées pour répondre au succès des véhicules lancés récemment dans le cadre du plan stratégique Push to Pass. Ce succès est une source de satisfaction, positif pour la performance de l'entreprise et qui protège l'intérêt des salariés".