PSA aussi aurait triché! Selon le journal Le Monde.fr du 8 septembre 2017, les services de répression des fraudes soupçonnent le constructeur français de stratégie frauduleuse pour faire passer les tests antipollution à ses moteurs diesel.

Les enquêteurs évoquent une "stratégie globale visant à fabriquer des moteurs frauduleux, puis à les commercialiser". Le journal s’appuie sur un rapport de la DGCCRF.

"PSA dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques", a réagi le constructeur.


1,9 million de véhicules concernées


Le rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) constitue l'une des bases de l'ouverture par le parquet de Paris d'une information judiciaire le 7 avril 2017 contre PSA.

Selon la DGCCRF, citée par le Monde, quelque 1,9 million de véhicules diesel de génération 5 (norme en vigueur jusqu'en 2015), "dont le moteur fonctionne selon les stratégies frauduleuses" ont été vendus par PSA entre septembre 2009 et septembre 2015 en France.

Les juges d'instruction enquêtent sur des faits présumés de "tromperie sur la qualité substantielle et les contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de l'homme ou de l'animal".

Cette enquête était venue s'ajouter à trois autres en France visant pour des faits similaires les groupes Volkswagen, Renault et Fiat-Chrysler.
 

Le double paramétrage était-il de la triche?

D'après Le Monde, citant toujours la DGCCRF, dans le cas de PSA, "les moteurs étaient paramétrés selon deux modes de fonctionnement: un mode +LowNOx+ qui +abaisse les NOx mais augmente la consommation et réduit le brio [la reprise] du véhicule+ et un mode +LowCO2+ qui +réduit la consommation, favorise le brio mais augmente de manière significative les NOx+".

Les véhicules "étaient équipés d'un +calculateur de contrôle moteur+ qui permettait d'activer +exclusivement+ le mode LowNOx +pendant le test d'homologation+" et +majoritairement+ le mode LowCO2 +en condition de vie client+", poursuit-il.
 

La version du constructeur


Dans son communiqué, PSA souligne avoir "expliqué à de multiples reprises sa stratégie de réglage moteurs. Celle-ci est basée sur les comportements de ses clients en vie réelle. Elle privilégie les faibles émissions d'oxyde d'azote (NOx) en ville tout en assurant le meilleur équilibre NOx/CO2 sur route".

En avril 2016, PSA avait eu la visite de la DGCCRF. Plusieurs de ses bureaux d'étude d'ingénierie moteur (Belchamp, Carrières sous Poissy, Saint-Ouen, Velizy et La Garenne) avaient été perquisitionnés par les enquêteurs, à la recherche d’éventuelles traces de tricherie.
 

PSA s'indigne


Dans son communiqué, PSA indique qu’il n’a pas été contacté par la justice. Il s’indigne de la transmission d’informations à des tiers sans qu’il ait eu de son côté accès au dossier transmis par la DGCCRF au parquet, ce qui lui interdit jusqu’à présent de faire valoir ses arguments.

 

"Cette situation porte atteinte à sa réputation et aux intérêts des 210 000 salariés du groupe, de ses clients et de ses partenaires, déplore PSA dans son communiqué. PSA se réserve le droit de porter plainte pour violation du secret de l’instruction et des obligations de confidentialité des autorités".

Ajoutons que l'article du Monde a fait chuter l'action de PSA après sa parution le 8 septembre en fin de matinée.