La règle est européenne : plus aucun nouveau type de véhicule ne pourra être homologué au 1er février s'il n'est pas muni de l'appel d'urgence, "ecall" en anglais. Selon la Commission européenne, et d'après des rapports de sécurité routière qui remontent au début des années 2000, l'ecall serait en mesure de sauver 2500 vies par an sur les routes du continent.

Les constructeurs ont donc une première obligation vis à vis de l'ecall d'ici dix jours. Mais pour les sociétés d'assistance, qui vont réceptionner les appels sur une plateforme avant de les rediriger en fonction de leur caractère, l'obligation d'être opérationnelles remonte au 1er octobre 2017. Deux sociétés et autant de plateformes vont se partager le marché de l'ecall dans un premier temps : Ima Assistance et Mondial Assistance : "Nous sommes prêts, le service accueil est prêt, les services de secours aussi" explique t-on chez Mondial Assistance, qui indique aussi que ce sont 20 personnes qui sont mobilisées pour le fonctionnement des deux plateformes.

Une vingtaine de salariés qui n'a pas "beaucoup d'appels pour l'instant" selon la société d'assistance : "Il y a bien nos propres sollicitations pour effectuer des tests, celles des constructeurs aussi, mais pas encore de véritables appels d'urgence" fait savoir Mondial Assistance, "concernant les flux, nous sommes un peu dans l'inconnu. Nous savons qu'ils seront faibles en 2018 et croîtront progressivement..."

Selon le Syndicat national des sociétés d'assistance (SNSA), le nombre d'appels à traiter en France est estimé à "30 000 en 2018, 150 000 en 2019, 400 000 en 2020". Un volume d'appels qui ne correspond pas à autant de situations d'urgence. Tous les acteurs du dossier indiquent que 9 à 10% des sollicitations relèvent d'une situation nécessitant l'envoi immédiat des secours.
Mercedes a ainsi fait part de son expérience très récemment sur le sujet. D'après le constructeur allemand, "le centre d'appels européen Mercedes-Benz reçoit 20 000 appels d'urgence par mois". D'après Sirko Wolff, salarié d'une plateforme d'appels en Allemagne et interviewé directement par Mercedes, ce sont "650 appels" qui sont réceptionnés chaque jour en Allemagne. Et sur ces 650 demandes, "environ 3% sont de réelles urgences" explique M. Wolff.