Le marché français entame 2018 en petite forme. Il ne progresse que de 2,5% (en données brutes comme corrigées) à 156 000 unités,ce qui marque un ralentissement par rapport à décembre 2017 (+9,4%) et par rapport l'ensemble de 2017 (+4,7%).

Cette année, le marché devrait connaître une nouvelle année de croissance, mais à un rythme moins rapide. L'Observatoire Cetelem de l'automobile attend ainsi une hausse de 3,8% à 2,2 millions des immatriculations de voitures neuves en France sur l'ensemble de 2018.

Le diesel poursuit son déclin


De son côté, le CCFA (comité des constructeurs français) estime que les fondamentaux restent solides et "table sur une année 2018, égale ou un peu supérieure à 2017".

Par motorisation, le diesel, déjà minoritaire en France depuis l'an dernier, a poursuivi son déclin. Il représente 41,1% du marché en janvier, contre 52,6% pour l'essence.

Les hybrides (thermique/électrique) continuent d'avoir le vent en poupe et équipent plus d'une voiture neuve sur 20. La part des véhicules purement électriques a cependant chuté à 0,8% des immatriculations, contre 1,5% en janvier 2017.

En apparence, les groupes français (+11,7%) ont fait nettement mieux que leurs concurrents étrangers qui ont baissé de 8,5%. Ce trompe l'oeil est surtout la conséquence de la prise en compte d'Opel au sein du groupe PSA et non plus au sein de GM.

La descente aux enfers de Volkswagen


Cela dit, les performances des étrangers sont tirées vers le bas par le groupe Volkswagen (-14,3%), qui semble ne pas encore s'être extirpé du dieselgate.

Avec des immatriculations en hausse de 18,5%, le groupe PSA (Peugeot, Citroën, DS) a été la principale locomotive du marché, aidé par l'ajout des chiffres de sa filiale Opel, qui était l'an dernier dans le giron de General Motors.

A périmètre constant, les performances du groupe de Carlos Tavares, sont également favorables essentiellement du fait de Peugeot qui a dominé ses rivales avec une progression de 10,5%.

La marque au Lion, qui gagne 1,5 point de marché, confirme son statut de numéro un en France avec plus de 20% de pénétration. Elle surfe sur le succès de ses 4x4 urbains, les 2008, 3008 et 5008.

"A elle seule, la Peugeot  3008 représente une part de marché de 4,7 % et s’installe à la troisième place du podium des véhicules les plus vendus en France" se félicite la marque.


En revanche, Citroën reste dans la tendance du marché (+2,7%), malgré le dynamisme de la nouvelle C3 (+37,2%) et l'arrivée du nouveau SUV compact C3 Aircross. Ce dernier modèle monte en puissance avec déjà 2% de part de marché alors que le C3 Picasso se situait autour de 1,5%. Les commandes sont largement supérieures à trois mois.

Remarquons que des trois marques françaises, celle aux chevrons a la plus forte proportion de ventes aux particuliers (56,5%). C'est la conséquence d'un décalage de livraison aux loueurs de courte durée. Ce volume représente un point de part de marché que la marque compte bien retrouver par la suite.

Quant à DS, elle chute encore (- 13,7%).

Opel, resté stable par rapport à janvier 2017, apporte à PSA près de 5.500 immatriculations supplémentaires.

Dacia devance Volkswagen


Si le groupe Renault progresse de 2,9%, la seule marque au losange (au deuxième rang français derrière Peugeot) baisse de 0,7%.

Dacia, en revanche, bondit de 14,3%. La marque roumaine, qui vient de lancer une nouvelle version du Duster, est devenue en janvier la quatrième marque du marché, derrière Citroën, en dépassant la marque Volkswagen, qui a chuté de 17,7%. La part de marché de Dacia atteint 6,3% contre 5,5% pour Volkswagen. Remarquons que la performance de Dacia est d'autant plus remarquable que 81% de son volume est réalisé auprès de particuliers.

Au sein du mastodonte allemand, Audi a dégringolé de 28,2%. En revanche, dans des volumes un peu inférieurs, Skoda (+15%) et Seat (+4,4%) ont fait mieux que la moyenne du marché.

Le réveil de Toyota


Toyota (avec Lexus) brille comme ces derniers mois. Il progresse de 6,9% en janvier, porté par sa gamme de véhicules hybrides essence/électrique, dans un contexte de déclin du diesel. Sa part de marché atteint 5,4%.

Il s'installe nettement devant Ford (-2,6%) dont la part de marché baisse à 4,4%, et Fiat Chrysler (FCA) (+9,4% à 4,3% de pénétration).

Dans le haut de gamme, la marque BMW chute de 10%, mais le groupe éponyme reste stable (+0,3%) grâce à l'envolée de Mini (+23,9%). Il reste devant son concurrent Daimler qui se bat pour être le premier et affiche des chiffres flatteurs.

Le groupe de Dieter Zetsche (+35,9%) jouit de la dynamique de ses deux marques Mercedes (+39,4%) et Smart (+15,9%). Sa part de marché atteint 2,1%.

Nissan traverse une passe difficile et dégringole de 7,9%. Avec 3% du marché, il arrive en janvier derrière le groupe coréen Hyundai (avec Kia) qui progresse de 12% et atteint 3,6% de part de marché. Pourtant, Nissan n'a pas lésiné sur les ventes tactiques qui représentent 47,7% de son volume.