L’hybride léger va-t-il se faire une place entre le thermique, et les hybrides complets (comme la Toyota Prius classique), les hybrides rechargeables (plug in) et les tout électriques?
Nombre d'équipementiers et de constructeurs en sont persuadés.

Le principe de l’hybride léger (mild hybride) est d'équiper un moteur thermique classique d'un puissant alternateur-démarreur qui l'épaule ponctuellement, permettant des gains de consommation de carburant.

Ce système a été inauguré en série notamment par Renault et le groupe Volkswagen.

"Il s'agit d'une technologie en plein boom commercial, avec un carnet de commandes qui déborde, se réjouit Laurent Guilloit, directeur de l'usine de l'équipementier Valeo à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), spécialisée dans les "boîtiers de puissance", composants électroniques à la base de cette solution qui tombe à pic en période de "dieselgate".

Une technologie peu chère


Les voitures hybrides s'avèrent plus lourdes et chères à l'achat qu'une auto à seul moteur thermique, de l'ordre de plusieurs milliers d'euros. En revanche, le surcoût du 48 volts n'est que de quelques centaines d'euros.

"Les hybrides légers 48 volts (...) pourraient réduire les émissions de CO2 jusqu'à 15%, recueillir l'énergie perdue habituellement lors des freinages, donner davantage de couple à bas régime", avance l'américain Delphi, qui propose lui aussi un tel système à son catalogue.


Grappiller quelques grammes de CO2 s'avèrera crucial à l'approche de l'échéance de 2021, quand les constructeurs devront respecter une moyenne de 95 g/km au sein de leur gamme européenne.

1 VN sur 5 en 48 volts en 2025


Les grands équipementiers allemands Bosch et Continental sont également présents sur le marché, ce dernier équipant depuis fin 2016 les premières voitures hybrides de Renault, des monospaces Scénic, en diesel. Les hauts de gamme de Porsche et Audi tout juste dévoilés sont eux aussi dotés de systèmes 48 volts.

"En 2025, environ un véhicule neuf sur cinq dans le monde sera équipé d'un système de traction 48 volts", assure le responsable des véhicules hybrides de Continental, Rudolf Stark.


Valeo, qui revendique la première place mondiale des alternateurs avec quelque 30 millions d'unités produites par an, explique avoir bénéficié de son expérience depuis le début des années 2000 dans la technologie "stop and start". Le moteur, coupé aux feux rouges pour économiser le carburant, redémarre automatiquement lorsqu'on appuie sur l'accélérateur.

Nourrir des équipements énergivores -


Les alternateurs qui aident à générer du courant ou à démarrer peuvent aussi aider à faire de la traction en soutenant le moteur au moment où il est le plus sollicité.

Faire fonctionner ces accessoires en 48 volts, soit quatre fois la tension des batteries automobiles classiques, permet de développer davantage de puissance, de 10 à 15 kilowatts. Selon la taille de la batterie, les applications peuvent aller d'une conduite 100% électrique sur courte distance au maintien de la vitesse sur autoroute.

Au-delà de ses prétentions "écologiques", le 48 volts répond aussi à la nécessité d'alimenter des grosses berlines ou 4x4 urbains de plus en plus bardés d'équipements énergivores comme des systèmes de climatisation sophistiqués.