« Il est venu le temps des cathédrales…Le monde est entré dans un nouveau millénaire…l’homme a voulu monter vers les étoiles…écrire son histoire ...dans le verre ou dans la pierre »

Il était temps de changer, sauf à sentir le sapin pour une mort annoncée…ouf !

Bravo ! Cette nouvelle édition d'Equip Auto nous rassure et nous projette vers un avenir prometteur et très ouvert.

J’ai le plaisir de connaître beaucoup de monde : exposants équipementiers, prestataires de services informatiques et digitaux « têtes de réseaux », représentants des syndicats professionnels, organisateurs du salon, marques et pavillons étrangers et j’ai rencontré de nombreux garagistes dans les allées ou sur le stand d’Univers VO.

Tous furent unanimes à déclarer le bonheur retrouvé d’être en famille (seuls Renault et son réseau manquaient à l’appel). Espérons que la leçon sera retenue et que nos amis retrouveront le chemin des cathédrales pour 2019.

Une fois la messe dite, le temps des communions digéré, il faut retrouver le chemin du quotidien et là rien n’est encore gagné !

La profession doit s’ouvrir et plus encore !

Voici une petite liste à la Prévert des dangers et combats à venir, assortie de quelques propositions :

1 : Les politiques publiques dans tous les domaines (formation apprentissage, mobilité, éco-responsabilité, fiscalité, contrôle technique, radars privés, pièces détachées d’occasion, libre choix du réparateur, prises OBD..), seront un vaste champ de batailles à engager pour sauver la profession et construire l’avenir.

Je dois souligner la présence constante impulsée par Francis Bartholomé (Président du CNPA) auprès des instances politiques. J’invite toutes les parties et toutes les équipes à coopérer sans arrière-pensées, ni hégémonisme, ni velléité conquérante.

Il faut associer tous les professionnels aux « consommacteurs » et automobilistes dans une démarche nouvelle !

Je soutiens cette proposition lancée le 18 octobre par Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes lors d’une table ronde  organisée par le CNPA (et ses 25 000 garagistes de proximité).

"Ce nouvel ordre, une sorte de tiers état, sera plus fort pour rétablir les vérités cachées et préparer une transition sereine au bénéfice du citoyen.

Seuls, les professionnels continueront de rester un lobby parmi d’autres et le peuple un troupeau de moutons roulants !

Ensembles, ils démontreront aux pouvoirs en place la réalité du quotidien et porteront un message d’accompagnement responsable, accepté et solidaire."


2 : L’attitude des villes (Paris en tête), Bruxelles et les lobbies constructeurs !

A : Face aux mensonges, à l’obscurantisme et au zèle d’adjoints municipaux responsables des politiques urbaines et autre Maire qui se prennent pour les madones de la planète sauvée, il conviendra de dénoncer le refus catégorique de certains pour étudier des solutions qui permettent de dépolluer le parc existant de près de 70%.

Il existe des offres d’entretien qui démontrent qu’un véhicule diesel bien entretenu pollue moins qu’un véhicule essence récent…

Il faut absolument « déstigmatiser » les annonces qui accusent les automobilistes d’être « des salauds de pollueurs » et démontrer la volonté populaire de tous de préparer sereinement l’avenir.

Oui, le bon sens populaire existe. Plus encore, il est le garant de notre survie face aux énarchies, aux bureaucrates, aux « politocrates » et aux « médiatocrates » prétentieux, si loin de nos réalités quotidiennes.

B : Bruxelles et les instances européennes : un grand moment où lobbies contre lobbies (constructeurs, assureurs...), s’affrontent à coup de millions d’euros pour des avancées parfois douteuses et contradictoires, aux seuls bénéfices des intéressés.

Il faut dénoncer les états juges et parties.

Il faut que le Cecra devienne indépendant, créatif et cesse d’être accommodant avec les constructeurs ! Il faut que la distribution et les citoyens européens deviennent la voix du peuple mobile et responsable.

Il faut soutenir la proposition de notre ministre Bruno Lemaire et faire en sorte que les états cessent d’être actionnaires des constructeurs. Les 4,7 % du capital de Renault cédés récemment restent un bien modeste début !

Il faut soutenir le  nouvel élan européen, par l’innovation bien sûr, mais aussi contre une Amérique sans cesse conquérante et envahissante.

3 : Je n’oublie pas les évolutions technologiques qui changeront notre vie.

Mais, dès aujourd’hui, la gestion du parc roulant existant, la concurrence sauvage, la transmission des entreprises de proximité, la concentration des groupes de distribution, l’arrivée en masse des financiers américains dans la distribution de pièces restent très préoccupants et la réussite du salon doit marquer le retour de la prise en main de ses destinées par les professionnels.

Des défis gigantesques, que la filière doit aborder en cohortes germaniques, romaines, religieuses ou tous modèles organisés, structurés, homogènes…toujours plus proches des attentes du client final.

Seul un bloc constitué (filière de services et « consommacteurs ») pourra lutter contre les technocraties et les puissances financières qui restent souvent éloignées des préoccupations du quotidien.

A l’heure des réseaux sociaux, constituer une communauté du type « Tiers Etat » serait plus que salutaire pour la nation tout entière !

J’invite, pour la prochaine édition, les organisateurs d’Equip Auto à préparer le salon pour une journée porte ouverte au grand public.

J’incite tous les exposants à organiser une journée pour les jeunes afin de démontrer à tous combien la filière peut être une terre d’avenir.

Je suggère à toutes les instances professionnelles et syndicales, aux associations de consommateurs d’inviter tous les ministres de tutelle à visiter le salon et à participer à plusieurs colloques et débats sur le quotidien et le bon sens citoyen.

Enfin, je conclurai par un mot sur Univers VO, dont je suis co-fondateur : nous avons réussi à fédérer 20 entreprises du secteur sous un seul pavillon. Nous avons démontré qu’une manne de plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires s’offrait à la profession par la conquête de 3,7 millions d’automobilistes qui achèteront leur voiture en dehors du circuit de cette filière.

Patrick Lautard, fondateur d’Osea