Il était difficile de faire mieux que l’excellent mois de septembre 2016, devenu historique dans les annales européennes, d’autant que septembre 2017, comptait un jour ouvré de moins dans de nombreux pays.

Rien d’étonnant à ce qu’il se tasse de 2% à 1,466 million de voitures. Les deux plus grands marchés du continent connaissent une baisse prononcée.

Le Royaume-Uni pèse sur l'Europe


Le Royaume-Uni poursuit son reflux qui pèse lourdement sur l’ensemble du marché européen. En effet, septembre est traditionnellement l’un des mois automobiles les importants de l’année pour les Britanniques. Il fait du pays, ponctuellement, le premier marché européen, devant l’Allemagne.

Cette année 2017, les ventes y chutent fortement de 9,3% à 426 170 unités. Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation. Le premier est que les ventes avaient déjà atteint un sommet historique, presque chaque mois, en 2016. Le marché était saturé et devait logiquement amorcer un cycle de repli, correspondant au rythme de renouvellement du parc. Cette inversion de tendance a été accélérée et accentuée par une mesure fiscale écologique renchérissant l’achat d’automobile.

Enfin, les incertitudes liées au Brexit et aux errements de Theresa May, la première ministre, quant aux modalités du divorce, ont créé un fort attentisme. De plus, à cause de ce même Brexit, on assiste un début de renchérissement des voitures neuves. Depuis le début de l’année, le marché britannique baisse de 3,9%.

Allemagne : le déclin du diesel


En Allemagne, les ventes de voitures neuves sont en retrait de 3,3% à 288 035 unités. Mais cette baisse pourrait n'être que ponctuelle. En effet, les aides données par l’Etat et certains constructeurs vont permettre au marché automobile de croître davantage qu'escompté en 2017. « Les ventes seront portées par les offres de reprise des vieilles voitures diesel », prévoit la VDA, la fédération allemande de l’automobile.

En septembre, les commandes ont augmenté de 4% sur un an, de bon augure pour les mois qui viennent. Sur les neuf premiers mois de l'année, les immatriculations de voitures neuves dans le pays ont progressé de 2,2% à 2,6 millions d'unités.  Depuis quelques mois, les véhicules diesel font l'objet d'une désaffection croissante dans le pays alors que plane la menace d'une interdiction de circulation des véhicules diesel les plus polluants dans de nombreuses villes allemandes.

La France maintient le niveau des ventes de VN (+1,1% à 170 645 unités) alors que l’Espagne progresse (+4,6% à 83 291 unités) et que Italie bondit (+8,1%).

Opel grandit PSA


Sur ce marché européen globalement morose, PSA, dans les statistiques publiées par le CCFA, affiche une envolée historique de 70%, lié au fait que pour la première fois sont intégrées les ventes d’Opel-Vauxhall. C’est en effet, d’un seul coup, 6,3 points de marché (92 448 voitures) qui sont ajoutés dans les comptes du constructeur français.

Quant aux trois marques françaises du groupe, elles affichent des évolutions mitigées, -1,1% pour Peugeot, + 1,4% pour Citroën et – 27,9% pour DS. Les résultats sont également contrastés au sein du groupe Renault, avec une marque au losange qui se tasse de 1,4% et Dacia qui progresse de 5,4% alors que Lada affiche un volume anecdotique.

Ford et Volkswagen dans la tourmente


Parmi les généralistes, après Ford, en pleine déconfiture (-13%), c’est Volkswagen qui souffre le plus (-3,2%). Mais la marque allemande reste de loin, la première du marché avec 10,7% de pénétration. Fiat se tasse (-2%) alors que Toyota conserve la dynamique initiée depuis le début de l’année (+2,5%).

Dans le haut de gamme, Mercedes qui stagne (-0,1% à 91 470 unités), devance maintenant Audi (-3,8% à 78 903 unités) et (-1,1% à 86 766 unités). Au cumul, la marque à l’étoile est aussi devenu le champion du premium.