Nous reprenons le fil de la lecture initiée en début de semaine de « #Partage ta bagnole ! », le dernier livre de Jean-Claude Puerto-Salavert, à paraître début avril aux éditions Exils (10 euros). Dans un exercice de prospective, le dirigeant d’Ucar envisage ce que sera, et ce que doit être, question de survie, l’automobile en 2030.

A ses yeux, pour garder son droit de cité(s), elle doit se révéler vertueuse au niveau environnemental, mais demeurer accessible au plus grand nombre. Pour concilier voitures neuves ou très récentes et accès populaire garanti aux mobilités, la voiture doit être partagée. Mais pour Jean-Claude Puerto-Salavert, mieux vaut ne pas se livrer entièrement aux giga-plateformes mondiales (comprenez les GAFA), peu soucieuses de solidarité et d’égalité. Il promeut la solution intermédiaire d’autopartage communautaire, gérée par un « car manager ».

Après avoir découvert le car manager Max et un modèle de système respectant de strictes règles collectives, Jean-Claude Puerto-Salavert revient sur ce qui motive et nourrit sa vision du futur, sans nostalgie ni béatitude.  



Chapitre 2. La cité idéale.
Citoyen et consommateur...
En 2030, l’automobiliste a repris le contrôle de son véhicule.



"Après avoir été le chantre de la liberté individuelle au vingtième siècle, la bagnole était devenue le champion de la liberté dans le partage.
Retour à la réalité, en 2018 notre cité idéale n’est pas encore une réalité, mais elle n’est déjà plus un rêve. C’est une vision, encore imprécise, encore malléable que j’ai voulu partager avec le lecteur. La société du partage, nous allons la construire ensemble. Chacun peut se l’approprier et lui apporter sa contribution. J’espère que l’expérience que j’ai accumulée depuis 30 ans à la tête de sociétés de location de voiture alimentera sa réflexion et l’aidera à se forger sa propre opinion.

Rêvons ensemble ce monde nouveau, c’est la meilleure manière de ne pas nous en laisser dépouiller.

Le rêve, c’est la matière première de l’entrepreneur, la mine dans laquelle il va puiser son énergie, la maîtresse exigeante qui inlassablement le ramène dans le droit chemin. C’est son rôle d’essayer de le réaliser. Les choses ne se passent jamais comme on le prévoit, mais il arrive, avec de la détermination, et beaucoup de chance, qu’on parvienne à s’en approcher.

Depuis toujours les rêves gouvernent ma vie. J’ai essayé de ne pas les trahir en faisant tout pour les réaliser... Voilà 20 ans j’ai commencé à imaginer cette société du partage et ce qu’elle pouvait nous apporter. En voyageant, en ouvrant grand les yeux et les oreilles. Cela n’est pas la Silicon Valley qui m’a le plus inspiré, mais des militants verts anti-bagnoles. « J’aimais la voiture, ils la détestaient ». Mais j’aimais leur manière radicale et désintéressée de refaire le monde. Les expériences d’économie collaborative aussi m’ont marqué dans leur lutte éperdue contre l’individualisme. Enfant dans le Lot-et-Garonne j’ai baigné dans les coopératives agricoles. Mon entreprise s’appelait d’ailleurs la Coopérative automobile à sa création, devenue depuis Ucar, Union des coopératives automobiles réunies. J’ai compris que, pour aboutir, certains chantiers dépassaient les capacités de l’entreprise et devaient associer intimement, et dès l’origine, l’utilisateur final.
Après tout, faisons confiance à la voiture. Elle aura été l’icône de notre société de consommation durant les Trente Glorieuses, ces années de croissance et d’euphorie qui ignoraient le chômage, la pollution et les économies d’énergies. Certes, l’urgence écologique s’impose à nous, mais refusons de choisir entre justice sociale et respect de l’environnement. Préparons-nous à partager nos voitures."


Au fil de la semaine, vous avez pu lire l’intégralité du chapitre 2 du nouvel essai de Jean-Claude Puerto-Salavert.
Pour aller plus loin, procurez-vous "#Partage ta bagnole !", à paraître la semaine prochaine aux éditions Exils.







La rédaction adresse ses remerciements à Jean-Claude Puerto-Salavert et à son agence de RP pour avoir confié à L’Argus les bonnes feuilles de ce livre en avant-première.