Après les premiers mois de vente de sa Renault Zoe, eu égard à leur faiblesse, Carlos Ghosn avait accusé le manque d'infrastructures de recharge destiné aux véhicules dits propres. L'association Transport & Environment (T&E) a quant à elle une autre lecture des causes du problème : "En 2016, il y avait seulement 20 modèles électriques sur le marché, à opposer aux 417 modèles thermiques traditionnels" note t-elle dans un rapport.
Une réalité indéniable. Mais plus intéressant est le deuxième item sur lequel T&E s'est attardé : les investissements publicitaires liés aux électriques ou aux hybrides rechargeables.

Avant toute chose, l'association basée à Bruxelles a exclu Toyota de son palmarès. La marque dépense effectivement la majeure partie de son budget marketing en faveur des hybrides (67%), mais des hybrides simples, pas rechargeables.
Sur le front des dépenses publicitaires, ainsi, Mitsubishi emporte la palme de la marque qui se préoccupe le plus de ses véhicules alternatifs. T&E indique que le Japonais aurait consacré 22% de son budget  "pour promouvoir son Outlander PHEV". La place de dauphin est octroyée à BMW (10% du budget marketing destiné aux hybrides rechargeables, 2% aux électriques) tandis que Renault arrive en 3e position avec 6% de son enveloppe marketing octroyée à la promotion de la Zoe. D'autres, qui ont possédé ou possèdent encore des électriques à leur catalogue, sont affublés d'un zéro pointé par T&E : GM (Opel), Ford ou encore PSA.

L'association s'est en outre penchée sur le cas de la Norvège, un pays qui a réalisé beaucoup d'efforts pour y introduire en masse des véhicules électriques. Elle a remarqué que là-bas, BMW avait dépensé 24% de son budget marketing en faveur de son i3, tandis que Renault "a dépensé approximativement six fois plus dans la promotion de ses électriques en Norvège (39%) que dans les autres pays". Conclusion de T&E, "cela indique que les constructeurs ont tendance à suivre la tendance plutôt qu'à créer le marché."

La France demeure à ce jour le premier marché de l'électrique en Europe devant la Norvège. Près de 17 000 électriques ont été immatriculées dans l'Hexagone au cours des 8 mois écoulés, pour une part de marché de 1,2% (1,1% en 2016).