Comment peut-on bien vendre son entreprise si l'on vient d'y annoncer un plan de sauvegarde de l'emploi?

Ford ne répond pas vraiment et assure que sa priorité demeure la recherche d'un repreneur présentant un plan de reprise viable pour le site de FAI (Ford Aquitaine Industries, propriétaire de l'usine de Blanquefort).

Ford évoque des discussions avec un éventuel repreneur, sans toutefois l'identifier: "de bons progrès ont été réalisés (...) nous espérons avoir davantage à partager dans le courant de l’été".

Les explications confuses de Ford


De son côté, le préfet Didier Lallement a regretté le dépôt du plan social et réitéré son "incompréhension sur la position de Ford (...) puisqu'il ne peut y avoir une bonne reprise avec un PSE", a-t-il souligné.

Malgré des "explications (de Ford) à ce stade toujours aussi confuses", le préfet a confirmé "des discussions avec un repreneur" éventuel, avec qui Ford dit avoir "un accord de confidentialité".

Côté gouvernement, le délégué interministériel Jean-Pierre Floris a reconnu "avoir perdu la bataille sur le PSE", qu'il a jugé "absurde" alors que "tout le monde doit se concentrer sur la reprise" du site qui fabrique des boîtes de vitesse. Mais "le travail avec un repreneur me paraît sérieux", a-t-il toutefois ajouté, sans vouloir identifier celui-ci.

Punch Powerglide intéressé


Anaud Baïlo, président de Punch Powerglide Strasbourg, a d'ores et déjà manifesté son intérêt pour l'usine de Blanquefort. Il déclare dans un entretien à Sud-Ouest publié mercredi, que son groupe a "l’ambition de se développer en Europe" sur le segment "prometteur" des boîtes de vitesse automatiques, un marché qui correspond selon lui "au savoir-faire des salariés de Ford à Blanquefort".

A l'issue du comité de suivi, parfois houleux selon les participants, avec les représentants de Ford, élus et syndicats ont dénoncé "la langue de bois" et l'"incohérence de la multinationale" en demandant un report du plan social afin d'optimiser les chances d'une reprise.

"C'est une honte!" s'est exclamée la maire de Blanquefort, Véronique Ferreira, très impliquée dans ce dossier.

Pour la CGT, Philippe Poutou a appelé à "une réunion d'urgence avec l'Etat qui doit intervenir catégoriquement et fermement" dans le dossier.