Si Trump a pensé que Ford avait cédé à ses pressions, c’est tant mieux. Mais ce n’était pas le cas. C’est en substance ce que reconnaît le constructeur américain. Sa décision d'annuler un investissement de 1,6 milliard de dollars à San Luis Potosi au Mexique répondait à des motivations économiques et non politiques.

Il se trouve que cette décision a été prise au moment où le président élu Donald Trump exerçait une forte pression sur les constructeurs automobiles pour qu'ils rapatrient aux Etats-Unis leurs usines afin d'y créer des emplois.

Un investissement de 2,5 milliards de dollars


Ford maintient son plan d'ouvrir cette année deux usines de production au Mexique. Ces sites produiront des moteurs et des transmissions dans les Etats de Guanajuato (centre) et Chihuahua (nord) qui fourniront ces pièces aux usines d'assemblage du groupe réparties aux
Etats-Unis, en Inde, en Chine, en Europe et en Amérique du sud.

L'investissement total pour ces deux usines - dont la construction avait été annoncée en 2015 - s'élève à 2,5 milliard de dollars.

"Ces deux usines vont employer 3.800 personnes quand elles seront opérationnelles, a déclaré le directeur général de Ford Mexico, Gabriel Lopez. En réalité, nous ne sommes pas partis du Mexique. En affaires, il faut prendre les bonnes décisions au bon moment et c'est ce que nous avons fait".
 

70% des pièces fabriquées au Mexique sont exportées aux Etats-Unis


Ford, qui opère depuis 90 ans au Mexique, possède dans ce pays quatre usines et emploie environ 9.000 personnes, en plus d'acheter du matériel à des sous-traitants locaux pour un montant d'environ 12 milliards de dollars par an.

Environ 70% des pièces fabriquées dans ses usines implantées dans les Etats de Mexico (centre) et de Sonora (nord) sont ensuite expédiées aux Etats-Unis.