Ford envisagerait de supprimer des milliers d'emplois à travers le monde, afin de faire des économies et d'améliorer sa rentabilité. Le deuxième groupe automobile américain en termes de ventes devrait annoncer ces suppressions d'emplois dans les prochains jours.

Ford, qui emploie actuellement 202 000 personnes, temps plein et partiel inclus, pourrait licencier jusqu'à 20.000 salariés, soit 10% de ses effectifs, a indiqué une source qui reste anonyme à l'AFP, confirmant des informations du Wall Street Journal (WSJ).

Les prochaines suppressions de postes devraient toucher la plupart des marchés dans lesquels évolue Ford, selon la source proche du dossier. La marque espère que la cure d'austérité va lui permettre d'économiser quelque trois milliards de dollars dès cette année, ce qui doperait ses bénéfices au moment où plafonnent les ventes de véhicules aux Etats-Unis.

Ford a venu 214 695 voitures neuves en avril, soit 7,2% de moins qu'en avril 2016, sur fond de recul général des ventes. Les experts affirment que 2017 serait la première année de baisse des ventes de voitures depuis 2009 aux Etats-Unis.

Ford s'est vu dépasser par Tesla en terme de capitalisation boursière en avril et la communauté financière estime que Tesla est mieux armé que Ford pour dominer les nouveaux moyens de transport du futur, en l'occurrence les voitures autonomes.

Le PDG Mark Fields a pourtant multiplié les investissements ces dernières années dans les technologies, en rachetant des startups spécialisées dans l'intelligence artificielle, en renforçant la présence de Ford dans la Silicon Valley (ouest des Etats-Unis) et en promettant que le constructeur automobile fera partie des premiers groupes à commercialiser un véhicule sans chauffeur.

Ford a ainsi enregistré au premier trimestre une explosion de 7% de ses coûts, principalement à cause d'une hausse des prix des matières premières, des contrats de garantie de qualité et des investissements. Le bénéfice net trimestriel a en conséquence chuté de 35,3% à 1,59 milliard de dollars, et la marge est passée de 5,4% au premier trimestre 2016 à 4,4%.

Le constructeur a averti que le ralentissement des marchés automobiles chinois et américain, les deux premiers au monde, qui l'incite à effectuer de grosses promotions pour éviter d'avoir des stocks importants, pourrait affecter ses bénéfices.