En Europe, Ford va mieux. Portée par les ventes des utilitaires et une hausse des prix, il  a renoué avec les bénéfices sur le Vieux Continent. Il y dégage un bénéfice opérationnel de 234 millions de dollars, contre une perte de 971 millions en 2016.

Cette bonne performance financière est toutefois ternie par un moindre score global. En effet, au niveau mondial, le constructeur a vu sa rentabilité s’éroder. Il explique notamment cette érosion par l'envolée du coût des  matières premières.

Ford, présent dans tous les continents, dépense environ 10 milliards de dollars par an pour l'achat de matières premières, l'aluminium et l'acier représentant les deux-tiers de ces dépenses.

Ces éléments ont amputé les bénéfices de 1,6 milliard de dollars en 2017, faisant plonger la marge opérationnelle dans l'automobile à 5%, à bonne distance de l'objectif de 8% que s'était fixé le groupe de Dearborn.

Un bénéfice opérationnel en baisse de 18%


Le bénéfice net annuel est certes ressorti à 7,6 milliards de dollars, en hausse de 65,4%, mais sur le plan opérationnel il a diminué de 18%, pâtissant également de fortes promotions et rabais accordés par le groupe automobile pour rivaliser avec General Motors et Fiat Chrysler dans le segment ultra-concurrentiel des camionnettes à plateau (pickups), SUV et crossovers.

Les aides, dépassant 4 400 dollars par véhicule, accordées aux acheteurs de véhicules Ford détériorent sa rentabilité. Ces aides sont quelque 1 000 dollars supérieures à la moyenne des remises accordées par les concessionnaires américains.

L'Amérique du Nord reste la vache à lait de Ford avec un bénéfice opérationnel annuel de 7,5 milliards de dollars.

Le chiffre d'affaires annuel mondial a progressé de 3,3% à 156,8 milliards de dollars, en dépit d'une stagnation des ventes de véhicules à 6,6 millions d'unités.

Ford plus pessimiste que General Motors


Le constructeur s'est montré pessimiste pour 2018. Il considère que 2018 risque d'être une année difficile, en raison du coût croissant des matières premières et des fluctuations négatives des taux de changes.

Les difficultés de Ford contrastent avec l'optimisme affiché par GM, qui s'attend à ses plus gros bénéfices en 2017, et traduisent la tâche herculéenne de Jim Hackett, le nouveau PDG, pour relancer le groupe perçu par les experts comme à la traîne sur les technologies autonomes et électriques.

Ford est actuellement en pleine transition pour passer de simple constructeur de véhicules à un groupe fournissant également une palette de services de transports.

Accentuer sa transformation


La marque de Dearborn a essayé récemment d'accentuer cette transformation en portant à 11 milliards de dollars ses investissements dans les véhicules électriques et en investissant 1 milliard dans la startup technologique Argo AI et en s'engageant dans Autonomic, une autre jeune pousse de la Silicon Valley développant des logiciels pour les services de mobilité.

A court terme, le constructeur s'en remet aux vieilles recettes pour préserver sa rentabilité: les économies.

Il va diminuer ses coûts de production et de logistique ainsi que ses stocks, tout en réduisant les variantes de "petites" voitures (Escape, Fusion et EcoSport) proposées actuellement en Amérique du Nord et en Europe.