Une nouvelle page de l’histoire du Garages Nation est en passe de s’écrire. Le groupe familial, fondé en 1937 par Joseph Marani, a basculé en février 2018 dans le giron d'un nouvel actionnaire, la Société de participation nation (SPN). Dirigée par Benoît Mercat, ancien dirigeant au sein de Citroën et du groupe Loret, la société est détenue par trois entités : le groupe Emerige (49%), l’un des principaux acteurs de l’immobilier en Île-de-France, dirigé par Laurent Dumas ; Natixcap (49%), une société d’investissement du groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne ; et B2M Conseils (2%). Un actionnariat qui détonne dans le paysage de la distribution automobile, et assez éloigné des racines familiales du groupe, mais qui a les moyens de remettre cette institution sur les bons rails.

Laurent Dumas était entré en 2014 dans le capital du groupe, alors dirigé par Edda Marani, en rachetant les parts de Daniel Calandroni (34%). Le spécialiste de l’immobilier a donc vécu de l’intérieur la lente dégradation du groupe. « L’absence totale d’investissements dans les outils et les infrastructures constitue l’une des principales causes de cette descente aux enfers », explique-t-il. Sur le seul exercice 2017, le groupe francilien a cumulé 3 millions de pertes.

Un plan stratégique présenté aux salariés


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Laurent Dumas, dirigeant du groupe Emerige, et Benoît Mercat, qui préside la société participation nation.
« A partir de 2015, la Société de participation nation a injecté de la trésorerie, à hauteur de 3 millions d’euros, pour renflouer les caisses d’un groupe malade. Mais comme nous n’avions pas la main sur la gestion opérationnelle des activités, la situation devenait complexe », relate Laurent Dumas. Lassée, fatiguée, Edda Marani a proposé au dirigeant du groupe Emerige de reprendre la totalité du capital en 2017. Pour ce spécialiste de l'immobilier, la tâche s'annonce compliquée mais passionnante.

« Comment rendre un groupe magnifique par son histoire, ses implantations et ses hommes moderne, efficace et dynamique ?, soulève Laurent Dumas. Nous avons les moyens de le hisser parmi les leaders de l’automobile dans le grand Paris, en nous appuyant notamment sur un effectif humain de grande qualité, composé de collaborateurs profondément attachés au groupe ». Mais la motivation et « l’esprit de revanche » des collaborateurs ne suffiront pas.

Transformer le site de la rue de Picpus


Rationalisation de certaines activités, transformation du site de la rue de Picpus, réorganisation des équipes dirigeantes, projets de développements en Île-de-France... Telles sont les missions qui ont donc été confiées à Benoît Mercat. L’ancien responsable du groupe Loret doit remettre son plan stratégique fin avril 2018, avant de le présenter à l’ensemble des salariés au début de l’été. A court terme, l’objectif des dirigeants est simple : renouer avec la rentabilité et atteindre l’équilibre fin 2018. Le digital, via le lancement d’un site marchand, le véhicule d’occasion, en relançant le sourcing, la hausse des ventes aux particuliers ainsi que l’autopartage sont les quatre principaux piliers identifiés pour redresser le groupe.

Dans un deuxième temps, les dirigeants s’attaqueront à la transfiguration de la concession historique de la rue de Picpus. « Nous devons repenser ce site car il sera fermé administrativement un jour ou l’autre », explique Laurent Dumas. Un chantier de longue haleine dont les contours restent encore à déterminer.

10 000 VN à moyen long terme


Les dirigeants entendent également saisir les opportunités de développement qui se présenteront en Île-de-France pour permettre au Garages Nation d’atteindre la barre symbolique des 10 000 voitures neuves d’ici à cinq ans. L’Est de Paris est scruté avec grand intérêt afin de parfaire le maillage de manière cohérente. Le groupe, qui représente 11 marques (Renault, Dacia, Nissan, Fiat, Alfa Romeo, Fiat Professional, Abarth, Jeep, Honda, Hyundai, Mitsubishi) via une dizaine de points de vente en Île-de-France, a commercialisé 5000 VN et 5000 VO en 2017 et généré un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros.

Dans les prochains mois, l’opérateur devrait apposer le panneau Nissan dans un ancien fonds de commerce Ford à Vincennes. Des interrogations demeurent concernant le développement des marques Mitsubishi, Honda et Hyundai.