Après plus de deux heures d'audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré à lundi 24 juillet, 18 heures. D'ici là, les parties prenantes au dossier auront jusqu'à 14H00, lundi, pour fournir au tribunal leurs "notes en délibéré", soit les éléments complémentaires pour une décision du tribunal, a indiqué l'avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie. 

"Si le repreneur GMD lève ses conditions suspensives, le tribunal fixera une autre audience pour l'examen de l'offre. Si les conditions suspensives ne sont pas levées, on s'achemine vers une liquidation", a résumé auprès de l'AFP l'avocat, qui a plaidé la poursuite d'activité de l'équipementier creusois jusqu'à fin août.

Présent à l'audience, Alain Martineau, PDG de l'emboutisseur stéphanois GMD, seul candidat à la reprise, et dont l'offre prévoit le maintien de 120 salariés sur 277, n'a pas fait de commentaires à l'issue de l'examen par le tribunal.

Mardi, il avait indiqué que "l'ensemble des conditions suspensives" n'étaient pas levées et que son offre ne serait pas finalisée sans une prolongation de la période d'observation. La question du bail du bâtiment industriel sur le site de La Souterraine (Creuse) et "l'adhésion des salariés" au projet de GMD sont aussi en jeu, avait insisté l'entrepreneur.
"C'est sur le fil et tout va se débloquer, ou pas, pendant le week-end", a commenté Me Borie. "La balle est dans le camp des pouvoirs publics pour les financements et pour la question du bail", a-t-il ajouté.

Sauf coup de théâtre, le tribunal de commerce de Poitiers devrait donc trancher lundi entre une nouvelle prolongation, jusqu'au 31 août, ou une liquidation pure et simple de GM&S, placée en redressement judiciaire depuis décembre, puis en liquidation judiciaire depuis le 30 juin avec une période d'observation jusqu'à lundi.

"On n'est pas satisfait, on aurait préféré être repoussé jusque fin août comme c'était prévu, au moins ça nous laissait le temps de rentrer en discussion pour pouvoir négocier sur les départs, améliorer l'offre. Quatre jours, c'est très court ca va aller très vite", a déploré auprès de l'AFP, Laurent Malochet, délégué syndical CGT et délégué du personnel, présent à Villeroy (Yonne).

Une centaine de salariés de GM&S, arrivés en cars depuis La Souterraine, ont fait monter la pression en bloquant une plateforme logistique de pièces détachées de Renault, le groupe automobile étant, avec PSA, le principal pourvoyeur du chiffre d'affaire de GM&S.

Signe de l'enjeu de ce dossier pour le gouvernement, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat à Bercy, ont donné rendez-vous à 14H30 aux représentants syndicaux CGT et FO de GM&S à la mairie de La Souterraine. A 14H00, les syndicats n'avaient toujours pas confirmé leur participation à cette réunion destinée à faire un "point d'étape" sur les négociations, selon Bercy.

Cette nouvelle audience est intervenue sur fond de déclarations contradictoires de Bercy, PSA et GMD, ainsi que d'efforts du président Emmanuel Macron et du gouvernement pour sauver la deuxième entreprise privée du département fortement désindustrialisé de la Creuse.

Le 17 juillet, la tension était montée d'un cran entre l'Etat et PSA, le premier accusant le second de ne pas être prêt à investir pour moderniser le site, comme le réclame GMD qui estime nécessaire un investissement de 15 millions d'euros.
L'Etat et Renault se sont d'ores et déjà engagés à apporter chacun cinq millions d'euros d'investissement. PSA dément tout désengagement et rappelle s'être engagé à contribuer à hauteur de quatre millions d'euros.