Va-t-il quitter la Corée ou pas? General Motors a annoncé la semaine dernière qu‘il fermerait d‘ici mai son usine de Gunsan, au sud-ouest de Seoul, et qu‘il déciderait de l‘avenir de ses trois autres sites dans le pays dans les semaines à venir. Il laissait comprendre qu'il abandonnerait alors la Corée du Sud.

Mais un autre scénario pourrait s'esquisser. Le géant américain pourrait convertir la dette de quelque 2,2 milliards de dollars (1,78 milliard d'euros) de sa filiale sud-coréenne en actions en contrepartie du soutien financier de Séoul. Auquel cas, il devrait bien sûr rester en Corée.

En tout état de cause, GM ne retrouverait pas les volume de jadis en Corée


Cette conversion de dette en actions permettra en effet à GM de poursuivre ses activités en Corée du Sud, sans y perdre d'argent. On ignore dans l‘immédiat les conséquences de cette initiative pour la banque publique de développement de Corée du Sud, qui possède une participation de 17% dans GM Korea.

Cette proposition s‘inscrit dans le choix stratégique du groupe de Detroit, qui a décidé de mettre l‘accent sur l‘innovation et la rentabilité plutôt que sur les volumes vendus. Depuis 2015, GM s‘est ainsi séparé de ses activités non rentables en Europe, qu‘il a vendues l‘an dernier à PSA, en Australie, en Afrique du Sud et en Russie.

Un milliard d'euros demandé à Séoul


Selon Reuters, qui fait référence à des sources non nommées, GM a demandé à Séoul un soutien financier de plus d‘un milliard de dollars. Il aurait aussi proposé que ses usines soient classées comme des zones spéciales dédiées aux investisseurs étrangers qui lui permettraient de bénéficier d‘avantages fiscaux pendant sept ans.

“GM dit qu‘il va recapitaliser sa division sud-coréenne, et, en échange, il demande à la Corée d‘accepter son ensemble de propositions dont un soutien financier de plus d‘un milliard de dollars”, a indiqué l‘une des sources.

Maintenir la production à son niveau actuel


Un porte-parole de GM Korea a dit que le groupe continuerait à travailler avec le gouvernement et les syndicats pour garantir une solution pérenne.

Barry Engle, le patron de GM à l‘international, a déclaré que le groupe souhaitait rester en Corée du Sud.

“C‘est assurément notre préférence que de rester et de remettre l‘entreprise sur les rails, et de continuer à être un acteur important de l’économie coréenne”, a-t-il dit.


Dans l'hypothèse la plus optimiste, GM pourrait produire deux nouveaux modèles en Corée du Sud, maintenant la production à 500.000 véhicules par an (contre 942.805 une dizaine d‘années auparavant).

Le ministre des Finances Kim Dong-yeon a déclaré que le gouvernement se “concerterait étroitement avec GM pour normaliser sa gestion”, ajoutant qu‘il devrait d‘abord pouvoir consulter les comptes.