Il n’y aura pas de prison ferme comme décidé en première instance. Ce 11 janvier 2017, la cour d'appel d'Amiens n'a prononcé que des sursis et une relaxe.

Elle a en effet condamné sept anciens salariés de Goodyear poursuivis pour la séquestration de dirigeants de l'usine en 2014 à des peines de prison avec sursis allant jusqu'à 12 mois. Elle a en outre prononcé une relaxe totale.

L'avocat général avait requis à l'audience en octobre 2016 deux ans avec sursis contre les salariés, poursuivis par le parquet alors que Goodyear et les deux cadres séquestrés avaient retiré leur plainte.

En première instance, le 12 janvier 2016, les huit salariés poursuivis, dont cinq militants CGT, avaient été condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois ferme.

Violences en réunion


Quatre des salariés, dont Mikael Wamen, ex-leader de la CGT de l'usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à 12 mois avec sursis. En revanche, ils ont été relaxés du chef d'accusation de "violences en réunion".

A l'inverse, trois salariés ont été relaxés du chef de "séquestration" mais reconnus coupables de "violences en réunion". Deux d'entre eux ont été condamnés à trois mois avec sursis, le troisième à deux mois avec sursis.

Le huitième salarié poursuivi, Hassan Boukri, a été totalement relaxé.

Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine de pneumatiques occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l'annonce de la fermeture de ce site de 1.143 salariés.

Des soutiens syndicaux et politiques devant le tribunal


Lors du procès en appel, 10.000 personnes selon la CGT et 5.000 selon la préfecture s'étaient rassemblées pour soutenir les huit prévenus, au côté du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, de Jean-Luc Mélenchon, d'Olivier Besancenot (NPA) ou encore de François Ruffin, l'auteur du film "Merci, patron !".

Les prévenus encouraient jusqu'à cinq ans de prison.

Dans cette affaire, "la dignité humaine a été touchée et nous ne pouvons pas tolérer ce genre de comportement quel que soit le contexte", avait estimé l'avocat général.