Les pouvoirs publics ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas été prévenus. Après avoir divulgué des chiffres de fabrication de véhicules sur le territoire anglais en baisse de 3% pour 2017, la SMMT, qui représente les constructeurs d'outre-Manche, s'est encore saisie de son porte-voix : "La SMMT réaffirme le besoin urgent de clarté vis à vis du Brexit ; de nouvelles estimations montrent que plus de 10% des exportations seraient remises en question au 30 mars 2019 si l'on ne confirme pas tous les accords commerciaux actuels" a fait savoir la société.

Difficile cependant d'affirmer qu'il y a le feu du côté des usines anglaises. Si le résultat global est en baisse, la Grande-Bretagne a tout de même fabriqué 1 671 166 autos neuves l'an dernier. Il s'agit du quatrième meilleur exercice de son histoire. D'autre part, la fabrication de moteurs s'est révélée à la hausse : 2,72 millions de blocs diesels et essence produits, soit +6,9%.

La SMMT s'inquiète en réalité car différents signaux lui paraissent annonciateurs d'une crise potentielle. Les investissements de la part des constructeurs sur le sol britannique auraient chuté de 33,7% l'an dernier. De plus, la demande domestique de produits fabriqués en Angleterre aurait baissé de 9,8%, tandis que les exportations ont plus ou moins fait du surplace à -1,1%. Les causes sont connues par les constructeurs : "Le marché a réagi au déclin du business, à la crise de confiance économique, ainsi qu'à la confusion politique du gouvernement vis à vis du diesel" explique la SMMT.

Outre un cadre légal clair et pérenne vis à vis des droits de douane, la SMMT souhaite aussi que les véhicules qui seront homologués à l'avenir sur le territoire continuent de relever d'une homologation européenne.