Objectif du gouvernement : éradiquer la voiture thermique à terme. Alors que l’électrique essaie tant bien que mal de trouver sa place en France, la pile à combustible permettrait de bien préparer l’avenir. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé les mesures de son plan en soutien à la filière hydrogène, une énergie dite propre, vendredi 1er juin 2018.
Et le ministre « voit les choses en grand, puisque l’hydrogène est comme le couteau suisse de la transition énergétique. Elle permet de stocker de l'électricité, d'alimenter des voitures, de recycler du CO2, de rendre les processus industriels plus propres. »

Ce plan hydrogène, qui s’adresse aux secteurs de l'industrie et de la mobilité, prévoit de déployer 100 stations de recharge en France (1 000 en 2028) avec un objectif fixé à 5 000 véhicules à hydrogène en circulation en 2023 (jusqu’à 50 000 dans dix ans).

Le gouvernement s’engage donc à débloquer une enveloppe de 100 millions d’euros pour accompagner les investissements des industriels ou des collectivités dans les premiers achats et déploiements des infrastructures et du parc. Nicolas Hulot compte sur la France pour produire 10% d’hydrogène « vert » d’ici à 2023 (soit produit par de l'électricité de sources renouvelables), puis 40% en 2028.

Cette somme mobilisée serait insuffisante et surtout très loin des 5 milliards nécessaires pour ce domaine selon des experts. Mais les mesures de Nicolas Hulot ont été saluées par les industriels français. "Nous sommes très satisfaits que pour la première fois la France affirme une vision d'ensemble, systémique sur l'hydrogène car c'est cela qui peut structurer une dynamique dans la durée", a réagi Pierre-Etienne Franc, directeur de l'activité mondiale énergie hydrogène du géant des gaz industriels Air Liquide.

Pour Philippe Boucly, président de l'Afhypac, association qui rassemble les acteurs de la filière, ce plan est "un jalon majeur dans la construction d'une filière compétitive en France", quand d'autres pays, (Japon, Chine, Allemagne) ont déjà avancé leurs pions.

Selon Lionel French Keogh, directeur général de Hyundai Motor France, un des pionniers des véhicules à hydrogène, les premiers efforts devront non seulement concerner les infrastructures mais il s’agirait que l’Europe toute entière se mobilise également, comme l’Allemagne.