L'industrie automobile en France se porte... bien ou mal, selon le point de vue de chacun. La production sur le territoire français a augmenté en 2016, selon une longue étude publiée par la Direction générale des entreprises (DGE, ministère de l'Economie) : "La branche manufacturière française dont la production a le plus augmenté en 2016 est l'industrie automobile (+4,6% après +7,8% en 2015). Les constructeurs et équipementiers automobiles poursuivent leurs efforts de montée en gamme et bénéficient de la reprise du marché européen (...) La production automobile française croît à un rythme soutenu depuis le dernier point bas atteint au premier trimestre 2013 (+28,3% depuis cette période)" indique le compte-rendu de la DGE.

Il ne faut toutefois pas croire que l'industrie automobile française est en train d'atteindre des sommets. Simplement, elle récupère : "La construction automobile avait auparavant fortement décroché à partir du quatrième trimestre 2004 (-46,7% jusqu'au premier trimestre 2013) (...) Le recul de l'activité en France entre 2005 et 2013 reflète aussi la mise en oeuvre de stratégies de délocalisation de la production, qui ont été développées dans le but de réduire les coûts de production. Les pays d'Europe centrale et orientale contribuent ainsi fortement à la croissance de la production  automobile européenne depuis le milieu des années 2000" est-il encore expliqué.

Une production automobile en France qui augmente, mais pour des emplois directs plutôt orientés à la baisse. Le constat de la DGE est implacable : "Le nombre d'emplois salariés directs a diminué (...) notamment dans l'industrie automobile (-2,5% après -3,4% en 2015) malgré l'augmentation de la production. Le recul de l'emploi direct dans l'industrie est partiellement compensé par le recours accru à l'intérim (+7,5% en 2016)" constatent les auteurs, qui précisent quelques pages plus loin que "l'industrie automobile est l'un des secteurs où l'emploi salarié direct a le plus reculé en proportion depuis la fin de la crise économique et financière (-16,2% depuis 2010)."

Les marques qui fabriquent en France ont donc réalisé des gains de productivité. Ceux-ci n'ont toutefois pas suffi à rendre les autos tricolores toujours plus séduisantes sur les marchés internationaux : "Le déficit commercial de l'industrie automobile (-9,9 Md €) s'est aussi alourdi de 3,3 milliards sous l'effet d'une croissance plus rapide des importations (+10,5%) que des exportations (+4,4%)" note avec à propos la DGE.